L’asphalte, le matériau qui recouvre la grande majorité de nos routes, est souvent usé rapidement par le passage des voitures et des camions, ce qui entraîne des coûts d’entretien importants, en plus de dégager des particules polluantes. Des chercheurs affirment toutefois pouvoir améliorer la situation… en y ajoutant un autre produit polluant.
Dans des travaux publiés dans le Journal of Cleaner Production, des scientifiques de l’Université d’État de la Pennsylvanie soutiennent ainsi qu’en mélangeant du plastique à de l’asphalte, celle-ci s’use moins, et dégage moins de particules dans l’air.
Les auteurs de l’étude sont toutefois prudents: il faut encore tester le tout dans des conditions réelles, et non pas seulement en laboratoire.
« Notre objectif consistait à déterminer si l’asphalte contenant du plastique recyclé pourrait relâcher des microplastiques à mesure que le matériau s’use », mentionne ainsi, par voie de communiqué, Shihui Shen, professeur en ingénierie du transport ferroviaire et l’un des auteurs des travaux.
« Cette question de protection de l’environnement a reçu beaucoup moins d’attention que l’efficacité du revêtement asphalté », ajoute-t-il.
Pourtant, les microplastiques, ces particules d’une taille inférieure à 5 millimètres, se retrouvent partout: dans le sol, dans l’eau, dans l’air… et même dans notre sang.
Et puisque le revêtement des routes provoque déjà le relâchement de particules polluantes dans l’air, non seulement en raison de l’usure de l’asphalte, mais aussi du frottement des pneus, et parce que les matériaux entrant dans la fabrication de cet asphalte contiennent parfois déjà du plastique, il y a lieu de s’inquiéter de l’ajout d’une autre source de contamination potentielle.
Toutes ces particules peuvent ensuite se retrouver dans les sols situés de part et d’autre des routes, ou encore être emportées par l’écoulement des eaux de pluie.

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Évaluer l’émission de particules
Pour déterminer si cette nouvelle « formule » pour l’asphalte pourrait aussi s’avérer plus novice pour l’environnement, les chercheurs ont comparé de l’asphalte traditionnel avec le nouveau matériau.
Les deux échantillons ont été soumis à deux tests en laboratoire visant à simuler le passage des véhicules et l’effet de la météo. Ainsi, des roues en acier ont circulé à répétition sur les deux matériaux qui étaient immergés dans de l’eau chaude, histoire de simuler à la fois l’usure provoquée par les véhicules et l’effet des conditions météo à l’extérieur.
Lors du deuxième test, on a soumis les échantillons à une température, un taux d’humidité et une pression hydrostatique élevés.
« Ensemble, ces tests reproduisent d’importants aspects des dégâts routiers, le tout dans des conditions contrôlées en laboratoire », précise Zhen Liu, le principal auteur de l’étude.
« Nous avons ensuite recueilli les particules émises et les avons analysées pour tenter d’y trouver des traces de plastique. »
Ainsi, l’asphalte fabriqué avec du plastique recyclé était généralement plus durable que l’asphalte conventionnel. On a également recensé un moins grand nombre de particules émises. De quoi faire penser que changer la « recette » de l’asphalte pourrait aussi avoir un impact environnemental positif. Ou, certainement, moins négatif.
Les chercheurs soulignent toutefois qu’il est encore nécessaire d’évaluer cette option potentielle dans des conditions réelles, et sur de plus longues périodes. On veut ainsi tenir compte du volume du trafic, des précipitations, des changements de température, de l’effet du soleil, du vieillissement du revêtement, ainsi que d’autres facteurs qui pourraient influencer la durabilité et l’aspect « vert » de cette asphalte mélangée à du plastique.





