Vous cherchez de l’information à propos de la santé féminine sur Instagram? Il y a de très fortes chances que vous tombiez sur des publicités. Ou, s’il s’agit d’une véritable publication destinée à informer, les affirmations que l’on y trouve n’auront probablement pas été vérifiées.
Voilà la conclusion de Tessa Copp et Brooke Nickel, deux chercheuses affiliées au National Health and Medical Research Council de l’Australie, qui se sont penchées sur la multiplication des messages liés de près ou de loin à la santé des femmes sur la célèbre plateforme numérique.
À l’aide d’un nouveau compte fraîchement créé, les deux scientifiques indiquent avoir effectué une recherche à l’aide du mot-clic #womenshealth, puis recueilli les 500 premiers messages apparus dans les résultats.
Lors de cette expérience, à la fin de l’an dernier, on trouvait plus de 8,8 millions de publications avec ce mot-clic. À la fin septembre 2026, on parlait plutôt de 9,6 millions de résultats.
Les deux chercheuses ont éliminé les doublons et les liens ne fonctionnant plus, pour finalement obtenir 472 publications différentes. Dans le cadre de leur étude, précisent-elles par voie de communiqué, elles se sont intéressées aux sujets abordés, à l’identité de la personne ayant effectué la publication, si les messages comportaient des affirmations à connotation médicale, si l’on y détectait un intérêt financier, et si des preuves scientifiques étaient mentionnées.
Les résultats? « Les sujets les plus abordés concernaient la santé hormonale et reproductrice », écrivent les deux scientifiques, avant de préciser que ces sujets apparaissaient dans environ la moitié des publications.
Quant à la ménopause et la périménopause, on en parlait dans 12% des publications.
Par ailleurs, environ les deux tiers des messages avaient été publiés par des individus. Et parmi les personnes possédant un compte personnel, plutôt que d’être rattachées à une entreprise ou une organisation, plus de la moitié se présentaient comme des spécialistes de la santé alternative, comme des coachs en santé, ou encore des naturopathes.
Le tiers des influenceurs individuels étaient des médecins diplômés.
On y recense aussi une forte présence des intérêts commerciaux: dans environ la moitié des cas, les propriétaires des comptes derrière les publications avaient un lien financier avec les sujets qui étaient abordés.
En fait, 39% de toutes les publications faisaient la promotion d’un produit ou d’un service.
Et les comptes appartenant à des compagnies comptaient pour 16% de toutes les publications recensées.
Enfin, plus des deux tiers des publications examinées contenaient une affirmation médicale claire, mais seules 7% faisaient référence à des preuves scientifiques.

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Un monde pratique, mais risqué
Les deux autrices, Tessa Copp et Brooke Nickel, sont formelles: « Les médias sociaux peuvent être vraiment utiles. Cela aide les femmes à trouver des personnes qui leur ressemble, à partager des expériences et à apprendre des choses sur des enjeux médicaux qui ont reçu moins d’attention. »
Mais les chercheuses mettent également en garde contre les risques inhérents à ces plateformes.
« Une influenceuse que nous connaissons, et qui partage une anecdote personnelle, peut sembler plus digne de confiance qu’un pamphlet médical. Lorsque cette histoire est combinée à une recommandation d’un produit quelconque, la frontière entre l’information médicale et la publicité peut devenir floue », disent-elles.
Si les deux scientifiques mentionnent ne pas avoir vérifié si les affirmations médicales contenues dans les publications étaient vraies, elles disent avoir constaté « des tendances inquiétantes » sur TikTok et Instagram, dans le cadre d’autres études.
« Nous savons que les fausses informations médicales sont répandues sur les médias sociaux. »
D’ailleurs, les deux chercheuses appellent les plateformes numériques à agir de façon responsable et à indiquer clairement si des publications cherchent à nous vendre des produits.





