À en croire les commentaires acerbes sur les réseaux sociaux, Marvel’s Wolverine serait le pire titre publié cette année, mais il ne faut pas vraiment s’y fier, puisque ces avis négatifs constituent surtout une réaction à l’annonce de PlayStation d’abandonner les supports physiques pour leurs jeux à partir de janvier 2028.
S’étendant sur une vingtaine d’heures, la campagne de Marvel’s Wolverine propose une histoire originale inspirée par l’ensemble du passé du personnage. L’intrigue explore ce qui lui est arrivé avant de joindre les X-Men, une période rarement abordée dans les jeux vidéo.
Trois ans après avoir quitté Team X, une équipe mise sur pied par Nathaniel Essex, Logan revient afin de faire face aux forces de Bolivar Trask, un scientifique menant une croisade contre les mutants. Il renoue avec ses anciens partenaires, Mystique et Sabretooth, et se lance dans une aventure s’étendant à la grandeur du globe, du Canada au Japon en passant par l’île fictive de Madripoor. En cours de route, il fera aussi la rencontre d’une certaine Jean Grey…
Il est difficile de ne pas comparer Marvel’s Wolverine aux jeux de Spider-Man, eux aussi développés par le studio Insomniac, mais c’est un peu injuste, puisque ces deux superhéros sont bien différents, et méritent donc des approches particulières à chacun.
On est ici en présence d’une expérience linéaire, non pas d’une vaste ville ouverte à parcourir librement. Le titre privilégie une progression scénarisée, ponctuée de combats, de séquences spectaculaires et de zones plus restreintes à explorer, une orientation cohérente avec le personnage. Là où Spider-Man est associé au mouvement, à l’improvisation et à la liberté de déplacement, Wolverine incarne la confrontation directe. Logan ne cherche pas à éviter les obstacles : il les traverse, quitte à en ressortir couvert de blessures.

Viscéral, le combat est définitivement le clou du spectacle de Marvel’s Wolverine. Logan n’est pas de ces superhéros ayant des réticences à tuer, et le jeu met toute sa brutalité et sa sauvagerie à l’honneur. Les mécaniques proposent un système d’action rapprochée combinant attaques rapides, coups plus puissants, esquives, parades et techniques spéciales.
Appuyer sur le bouton triangle permet de franchir la distance nous séparant de l’ennemi d’un seul bond. On dispose également d’une jauge de rage se remplissant à chaque coup asséné. Quand elle est pleine, on peut carrément déchiqueter ses adversaires en appuyant sur les deux gâchettes simultanément. Il y a aussi des combos très satisfaisants avec Sabretooth, Mystique ou Jean Grey s’activant par eux-mêmes dans le feu de l’action.

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Wolverine monte de niveau au fur de l’expérience accumulée, ce qui débloque de nouvelles techniques de combat, comme l’attaque tornade, la possibilité de donner un coup de genou dans le visage d’un adversaire pour l’étourdir, ou un pouvoir de guérison plus rapide.
Très tôt dans l’histoire, on est introduit au principe des Portes cauchemardesques. Il s’agit de portails dimensionnels menant à la cabane de Logan et proposant à chaque fois un défi différent, comme des parcours à accomplir le plus rapidement possible ou des combats avec des vagues d’adversaires de plus en plus puissants.
On gagne des points d’adaptation en fonction du rang obtenu à la fin (bronze, argent, or ou adamantium), ce qui offre la possibilité de personnaliser l’ADN du héros avec des bonus passifs permettant de survivre plus longtemps, de parer plus efficacement ou d’enchaîner des coups critiques sur tout un groupe d’ennemis.

Bien que Marvel’s Wolverine soit essentiellement une expérience linéaire, il vaut tout de même la peine d’explorer précautionneusement les environnements de fond en comble, que ce soit pour trouver des bouteilles de whisky (des objets à collectionner reflétant bien la personnalité du héros), divers documents venant étoffer l’histoire et l’univers du jeu, et surtout des caisses de matériel servant à confectionner des tenues.
Le titre compte une trentaine de costumes iconiques, comme le jaune et bleu des vieux X-Men, celui en cuir noir de X-Force, le tuxedo blanc de Patch, celui de Weapon X, de Fang, de Old Man Logan, et j’en passe. Ces habillements ne sont pas seulement cosmétiques. En effet, plus on en fabrique, plus la santé maximale de Logan augmente.
Pour faciliter l’exploration, une traînée bleue apparaît à l’occasion, lorsque Wolverine suit une odeur, un son particulier, ou cherche certains objets dissimulés dans l’environnement au cours de l’histoire. Celle-ci se justifie par l’odorat particulièrement sensible de Logan, mais plusieurs personnes ont dénoncé sa présence, accusant le titre de prendre les joueurs un peu trop par la main.
Heureusement, une mise à jour récente permet de la désactiver si on le souhaite. Les rendus étaient déjà très beaux sur la PS5 standard, mais le titre est l’un des deux premiers à bénéficier du QSSR (Quick Spectral Super Resolution), une nouvelle technologie d’amélioration de l’image par intelligence artificielle développée dans le cadre de la collaboration entre PlayStation et AMD qui rehausse encore les graphiques.
Marvel’s Wolverine n’est peut-être pas la production la plus réussie des studios Insomniac ou le meilleur jeu vidéo de superhéros, mais j’ai personnellement eu beaucoup de plaisir avec le titre. Ceux et celles qui apprécient les combats viscéraux et le personnage de Logan trouveront ici une expérience satisfaisante, qui rend un hommage bien senti au plus populaire de tous les mutants.
7.5/10
Marvel’s Wolverine
Développeur : Insomniac Games
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Plateformes : Exclusivité PlayStation 5





