Bien des parents sont face à un dilemme: s’ils sont nombreux à douter de la pertinence de laisser leur enfant utiliser des systèmes d’IA sans restrictions, en craignant l’impact de ces logiciels sur la capacité d’apprentissage de leur progéniture, ils ne veulent pas, non plus, que ces mêmes enfants prennent du retard, si les autres élèves se tournent vers l’intelligence artificielle.
Ce paradoxe est documenté dans une étude réalisée par des chercheurs des Universités de Cologne, Chicago et Bocconi auprès d’environ 2000 parents provenant des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni.
Dans le cadre d’un test auprès de ces individus ayant tous au moins un enfant âgé entre 13 et 18 ans, on a voulu savoir combien les parents en question étaient prêts à payer pour un abonnement tout compris à un outil d’IA sans limitations, afin que leur(s) enfant(s) puisse(nt) s’en servir pour les devoirs.
Ainsi, les parents ont dû réagir à quatre scénarios, en vertu desquels 20, 40, 60 ou encore 80% du reste des élèves de la classe de leur enfant utilisaient déjà l’IA pour aider à effectuer leurs devoirs.
Pour chaque augmentation de 10 points de pourcentage dans l’utilisation présumée de l’IA, le montant que les parents étaient prêts à payer gonflait d’environ 2$ CAN. Et donc, entre les scénarios des 20% et des 80%, la volonté des parents de payer pour un abonnement à un outil d’IA a bondi de plus de 60%, pour un total d’environ 15$ CAN.
Aux alentours de 20% des parents ont évoqué, comme justification pour cet abonnement, la possibilité que leur enfant ne prenne du retard autrement.

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Les risques ont changé les points de vue, mais par l’argent
En plus de recevoir des informations sur les avantages à court terme de l’IA, certains parents participant à l’étude ont aussi été mis au courant des risques à long terme de ces systèmes informatiques.
Plus précisément, il était question d’une autre étude, au cours de laquelle des élèves avaient eu accès au modèle langagier d’IA générative GPT-4, dans le cadre d’exercices de mathématiques.
Lors de tests de mathématiques effectués par la suite, sans IA, ces élèves ont obtenu des notes d’environ 20 points de pourcentage, en moyenne, que celles des élèves n’ayant pas eu recours à l’intelligence artificielle pour effectuer des exercices.
Et si cette information a changé le point de vue des parents par rapport à cette technologie, cela n’a eu aucun effet concret sur leur volonté de payer un abonnement destiné à leur enfant. C’est plutôt du côté des appuis à une interdiction totale de ces outils à l’école que l’on a constaté un changement: la proportion de parents soutenant un tel blocage intégral est passée de 44 à 57%, mentionne-t-on par voie de communiqué.
« Notre étude laisse entendre que la pression sociale peut accélérer l’adoption de nouvelles technologies, même avant de complètement en comprendre les conséquences à long terme », affirme Christopher Roth, professeur à l’Universié de Cologne.





