Attention, il va pleuvoir, les oiseaux volent bas: dans The Last House, tout juste lancé sur Netflix, une famille de la côte ouest américaine devra affronter le pire ennemi qui soit, c’est-à-dire les précipitations. Et des monstres des profondeurs. Mais surtout les précipitations.
Réalisé par Louis Leterrier, ce drame postapocalyptique s’articule autour d’un seul point principal: que se passerait-il si nous ne pouvions plus sortir de chez nous?
À partir de cette référence évidente aux premiers mois de la pandémie de COVID-19, avec ses couvre-feux et ses obligations de restez chez soi, autant que possible, le long-métrage nous place donc dans ce qui pourrait être considéré comme un huis clos, où cette famille de quatre est forcée de vivre entre quatre murs, alors que les réserves de nourriture diminuent peu à peu.
Pourquoi, alors, ne pas sortir dehors pour aller faire un tour à l’épicerie? Parce qu’une force surnaturelle, apparemment contenue dans des gouttes d’eau, empêche d’ouvrir portes et fenêtres, et ne permet pas non plus de simplement percer un trou dans un mur ou dans le plancher.
En l’état, The Last House aurait bien pu être un film catastrophe passablement intéressant: qu’il s’agisse de gaz toxiques, de radiations, ou de gouttes d’eau magiques, proposer la lente descente vers la folie et la famine d’une famille ordinaire est une idée tordue, certes, mais qui aurait pu fonctionner.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Ici, pourtant, on mélange tout et son contraire pour offrir une sorte de fable à saveur environnementale; ainsi, non seulement y a-t-il quelque chose d’étrange, dans l’eau, qui empêche de sortir de chez soi, mais les cousins de
À partir de là, le film part dans tous les sens. Non seulement la famille arrive à chasser en passant par la cheminée (allez comprendre), mais on crée aussi un jardin en utilisant de la terre trouvée sous le plancher. Ne pensez pas au fait que la quantité de nourriture produite est inévitablement insuffisante pour quatre, surtout sans possibilité de réfrigérer les aliments.
Ne pensez pas, non plus, au fait que les monstres peuvent, en tout temps, entrer dans les domiciles et y attaquer les survivants. Pourquoi, dans ce cas, laisser notre famille survivre pendant des années?
Passons aussi sous silence des déclarations excessivement galvaudées, du genre « ce n’est pas notre maison, c’est la leur », en parlant des bestioles venues du fond des mers. Sans oublier la leçon finale sur l’importance de l’ouverture aux autres et de l’amitié. Alors que les autres en question ont tué des milliards d’êtres humains sans jamais expliquer leurs motivations.
Bref, The Last House n’est même pas digne d’être écouté pour se changer les idées; on compte déjà des centaines de films du genre, y compris sur Netflix. Qui a jugé que le long-métrage était prêt à être diffusé?





