Le travail visant à délégitimiser le processus démocratique semble porter fruit, aux États-Unis: selon une nouvelle enquête réalisée par le Pew Research Center, à peine un peu plus de la moitié des électeurs américains disent être persuadés que le scrutin de mi-mandat, prévu en novembre prochain, se déroulera de façon « libre et légitime ».
Ce que le coup de sonde indique, cependant, c’est que ce n’est pas seulement une question d’adhésion à l’idée, largement colportée par les républicains et le président Donald Trump, que les démocrates cherchent à « voler » les élections.
En fait, les démocrates eux-mêmes partagent les inquiétudes de leurs adversaires politiques, mais pas pour les mêmes raisons.
Il s’agit malgré tout d’une forte baisse de la confiance du public envers le processus électoral; en 2024, lors de la précédente élection présidentielle, 61% des Américains disaient avoir confiance envers le processus. En 2022, cette proportion était de 64%. Il faut remonter jusqu’en 2020 pour voir ce taux de confiance diminuer, avec 59%.
Chez les républicains, la confiance a en fait déjà été plus basse: durant les étés 2022 et 2024, soit pendant le mandat présidentiel de Joe Biden, moins de la moitié des membres de ce groupe électoral jugeaient que les élections allaient être menées de façon libre et juste.
Chez les démocrates, sans trop de surprise, la tendance était complètement inversée: pendant la présidence de M. Biden, un démocrate, la confiance allait de 77%, en 2024, à 81%, en 2022.
Toujours chez les démocrates, on s’inquiète grandement de la possibilité que l’accès aux bureaux de vote ne soit entravé: si 66% de tous les Américains interrogés sont persuadés que « tous les citoyens désirant voter pourront le faire, en novembre », la proportion saute à 83%, chez les républicains, mais chute à seulement 53%, chez les démocrates.
Ces craintes surviennent dans la foulée d’une série d’attaques, toujours de la part du président et de ses partisans, selon lesquelles le vote par correspondance, pourtant un aspect majeur du processus électoral, serait une « porte ouverte pour la fraude ».
Donald Trump a d’ailleurs tenté, en vain, de restreindre l’accès au vote par correspondance. Certains membres de son propre parti, notamment des gouverneurs d’États républicains, l’en ont empêché. Il faut savoir que plusieurs groupes habituellement favorables aux républicains, comme les personnes âgées, votent largement par la poste.
Mais la principale attaque contre la légitimité des élections, par le président et son parti, s’articule autour de l’idée de devoir présenter une preuve d’identité au moment de se présenter au bureau de vote. Le département de la Justice de l’administration Trump a intenté plusieurs poursuites, contre différents États, pour obtenir les listes électorales; la Maison-Blanche a presque toujours été déboutée en Cour, dans ces affaires.

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Fraude en vue?
Là où les opinions divergent aussi, c’est du côté de la capacité du système électoral américain à débusquer d’éventuelles tentatives de fraude par des personnes n’ayant pas le droit de vote, justement dans la foulée de ces fausses rumeurs sur des identités frauduleuses.
À ce sujet, 79% des démocrates interrogés sont persuadés que ces non-citoyens ne pourront effectivement pas glisser un bulletin de vote dans l’urne, en novembre.
Chez les républicains, après des années de matraquage de la part de Donald Trump et du Parti républicain, qui répètent à l’envi, de façon tout à fait fausse, que des « millions » de personnes n’ayant pas le droit de vote participent frauduleusement aux élections, ce point n’obtient l’adhésion que de la part d’un tiers des répondants.
Le 3 novembre prochain, les Américains seront appelés aux urnes pour élire 435 représentants et 35 sénateurs, en plus de nombreuses élections spécifiques à certains États.





