Pourquoi les séries d’action un peu idiotes devraient-elles être l’apanage d’Hollywood? En direct de l’Hexagone, voilà que GIGN débarque sur Netflix, avec six épisodes remplis de regards tendus, de fusils et de décisions passablement discutables.
Sous l’hégire de Julien Leclercq, GIGN raconte l’histoire de cette unité d’élite de la police française qui intervient notamment lors de prises d’otages et autres situations particulièrement tendues.
Ici, le commandant David Berger, chef de la principale équipe d’intervention de cette brigade chargée de veiller sur la région parisienne, doit apprendre à vivre avec l’arrivée, au sein de son groupe, de son jeune neveu, fils d’un ancien collègue de travail et ami mort dans des circonstances aussi floues que difficiles.
En parallèle de ce brassage de souvenirs douloureux – avec des enjeux familiaux en filigrane, par-dessus le marché –, un groupe d’individus armés et particulièrement bien préparés s’empare d’une tonne d’un explosif surpuissant, et ne perd pas de temps à lancer une campagne qui cible spécifiquement des agents du GIGN.
Avec, en alternance, des enjeux personnels et cette progression en apparence inexorable des attaques des mystérieux terroristes, la série s’articule autour d’une structure scénaristique tout ce qu’il y a de plus classique.
Peut-être même trop classique, en fait: voilà notamment que le personnage principal, joué par Tomer Sisley, multiplie les coups de gueule et les gestes posés sans vraiment réfléchir aux conséquences. Au diable le reste, c’est le temps de montrer ses gros bras, de laisser éclater sa colère et d’utiliser la violence.

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Réalisme contre excès
Bien entendu, on se serait sans doute ennuyés si GIGN portait sur des interventions se déroulant parfaitement bien, ou sans rebondissement à la toute dernière seconde, pour nous offrir un cliff hanger de derrière les fagots.
Ceci étant dit, il faut savoir doser: on ne comptera plus les moments où le commandant Berger, pressé de questions, notamment par son neveu, choisira de simplement s’en sortir en criant, et en étant sauvé in extremis par un autre soubresaut du scénario.
On trouvera d’ailleurs un peu drôle le fait que pour une unité d’élite, ce groupe d’agents du GIGN se fasse mener par le bout du nez pendant presque l’intégralité de cette minisérie, allant même jusqu’à se faire attaquer sur le terrain de ses propres installations.
On rigolera franchement, aussi, en constatant que toutes les bombes installées par les sinistres terroristes – et il y en a beaucoup! – sont munies d’un affichage permettant de savoir exactement combien de temps il reste avant que l’engin ne saute. C’est pratique pour les besoins de la télévision, mais c’est aussi d’un ridicule un peu consommé.
Ne nous trompons pas: il y a plusieurs bons moments, dans ces six épisodes de GIGN. Saluons d’ailleurs une direction photo qui tient assez bien la route, surtout lors des scènes se déroulant dans une certaine base militaire, dans une série de retours en arrière.
Mais dans l’ensemble, la chose tient trop avec de la ficelle pour que l’on juge qu’il s’agit d’une réussite. Et ne parlons même pas de la fin, à la fois le résultat d’une série bien trop invraisemblable de hasards et d’une nature beaucoup trop abrupte pour que l’on puisse espérer autre chose qu’un dénouement bâclé.
L’idée d’une série d’action à la française est tout à fait intéressante; malheureusement, GIGN rate largement la cible avec un scénario confus, des dialogues bâclés et des décisions incompréhensibles. À éviter.





