Une solution pourrait être à portée de main pour contrer la crise du logement; du moins, sur la côte Ouest canadienne. Selon une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique, de nombreux terrains publics et plusieurs milliers de logements vacants pourraient être reconvertis.
À l’aide d’un nouvel outil servant à identifier les terrains publics pouvant être reconvertis en projets de logements sociaux, les chercheurs ont ainsi identifié pas moins de 50 000 parcelles inutilisées, dans l’ensemble de la province.
Et dans la métropole, ce serait jusqu’à 273 000 unités potentielles qui pourraient être construites, ou encore des logements vacants qui pourraient être récupérés, écrit-on par voie de communiqué.
L’outil en question, le B.C. Public Lands Map, est le premier du genre au pays.
« Le Canada est en pleine crise du logement abordable – nous avons moitié moins de logements abordables que d’autres pays développés », lâche tout de go le Dr Craig Jones, directeur adjoint du projet Housing Assessment Resource Tools, l’équipe derrière cette recherche géographique dont a été tirée une carte.
« Environ 10% des foyers, au Canada, ne peuvent se permettre de se loger – il leur est impossible de vivre dans ce pays », ajoute-t-il.
Toujours selon le Dr Jones, « l’un des plus grands obstacles à la construction de logement est le fait d’acheter les terrains, ce qui peut représenter jusqu’à 60% du prix, à Vancouver. Les terres appartenant au gouvernement peuvent être subventionnées par l’État – avec un prix fortement réduit, ou même offerts gratuitement aux développeurs immobiliers fabriquant des logements abordables, ce qui permettrait d’économiser des milliards ».

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Mais trouver des terrains publics convenables a longtemps été un processus long et complexe: il faut récolter de grandes quantités de données; y compris déterminer si le site est bien situé, à proximité des infrastructures, des services publics et des commerces; évaluer les risques de catastrophe naturelle; déterminer la valeur des bâtiments existants, etc.
De l’avis des chercheurs, le nouvel outil permet d’inverser ce processus. En s’appuyant directement sur des données fournies par les associations de gestion et de développement du logement, dans la province, ainsi qu’en faisant appel aux différents paliers de gouvernement, la carte créée par les auteurs de l’étude « fournit le premier inventaire, pour l’ensemble de la Colombie-Britannique, des terres publiques », écrit-on par voie de communiqué.
Ce faisant, la carte « permettrait aux décideurs, aux organisations sans but lucratif et aux développeurs immobiliers d’identifier des terres propices à la construction de logements abordables ».
Aux yeux du Dr Jones, « en éliminant ou en réduisant les coûts des terrains, et en accélérant le processus d’approbation, cet outil pourrait réduire les coûts de construction tout en rendant les grands projets de logements abordables plus faciles à exécuter ».
« Cela rend visible une série d’opportunités qui sont souvent ignorées. »
Les chercheurs responsables de la mise au point de cet outil espèrent que leur carte contribuera aux efforts de développement immobilier déjà en cours.
« La Colombie-Britannique pourrait devenir un modèle pour les gouvernements de partout au pays. Construire des logements abordables est compliqué », rappelle le Dr Jones. « Mais cet outil accélère ce processus en mettant de l’avant les opportunités qui existent, mais dont les gens n’ont peut-être pas connaissance. »





