On a recensé un peu moins de morts par balles, chez nous voisins du Sud. Cependant, si les meurtres par arme à feu sont en baisse, les suicides, eux, se sont multipliés, ce qui inquiète les experts.
Dans un récent rapport publié par le Johns Hopkins Center for Gun Violence Solutions, on apprend ainsi qu’en 2024, année pour laquelle sont disponibles les plus récentes données, près de 45 000 Américains sont morts sous les balles d’une arme à feu, soit l’équivalent, en moyenne, d’une personne toutes les 12 minutes.
De ce nombre, un record de 27 593 décès sont attribuables à un suicide.
Malgré tout, le nombre total de morts imputables aux armes à feu est en recul de 5%, par rapport en 2023. Cela est largement attribuable, dit-on, à un recul marqué des homicides, pour un total de 15 364 en 2024, soit 15,8% de cas en moins.
Un phénomène largement masculin
Autre statistique surprenante: que ce soit lors de meurtres ou de suicides, environ 86% des morts par balles, aux États-Unis, seraient des hommes. Mais cela ne veut pas dire que la violence armée ne gagne pas, parfois, du terrain chez les femmes. Ainsi, chez les femmes noires, le taux d’homicides, soit le nombre de cas par 100 000 habitants, aurait augmenté de 63%, entre 2015 et 2024.
« La violence mortelle par armes à feu se produit à grande échelle et affecte toutes les populations », souligne ainsi Rose Kim, la principale autrice du rapport.
En plus des meurtres et des suicides, l’étude s’intéresse aussi à d’autres cas de décès par balles: les interventions policières, les morts accidentelles, ainsi que les cas indéterminés.
Les morts par balles ont atteint un sommet, en 2021, avec 48 830 cas, dans la foulée des impacts sociaux de la pandémie de COVID-19. Depuis, ce nombre diminue légèrement, année après année. Le nombre de cas demeure toutefois plus important qu’avant la pandémie, précise-t-on par voie de communiqué.

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Une importante cause de décès
Dans l’ensemble, la mort par balles demeure la principale cause de décès chez les enfants et les adolescents, avec un total de 2214 cas, en 2024.
Par ailleurs, tous ne sont pas égaux en matière de violence armée: le nombre d’homicides par arme à feu aurait bondi de 39%, chez les femmes asiatiques ou de la région pacifique, et de 31% chez les femmes hispaniques ou latino-américaines. Chez les femmes blanches, à l’opposé, cette hausse n’a été que de 2%, pendant la même période, soit dse 2015 à 2024.
Au même moment, les suicides chez les femmes noires ont été multipliés par 169%, par 57 et 51% chez les femmes hispaniques et asiatiques, respectivement, mais uniquement par 4%, chez les femmes blanches.
Pour s’attaquer à ce fléau, le rapport propose une série de mesures diverses, notamment des « politiques publiques basées sur les preuves scientifiques, y compris des programmes communautaires d’intervention contre la violence se concentrant sur les individus les plus à risque, ainsi que des lois plus strictes pour encadrer la vente d’armes à feu », histoire de réduire le nombre de morts liés aux armes à feu.
« Nous pouvons sauver des vies et nous attaquer à cette crise », assure Cassandra Crifasi, directrice du Center for Gun Violence Solutions, et l’une des principales autrices de l’étude.





