Si l’utilisation de l’intelligence artificielle continue de se répandre, dans divers aspects de notre vie de tous les jours, il faudrait s’en tenir à un conseiller financier en chair et en os, lorsque vient le temps de s’occuper de notre portefeuille.
Voilà, du moins, les conclusions d’une étude réalisée à l’Université de la Géorgie; des chercheurs ont en effet découvert que des agents conversationnels – ChatGPT et autres – fournissent bien souvent des conseils qui ne sont pas les mêmes, en fonction de la plateforme utilisée.
Ces suggestions financières pourraient aussi varier en raison du groupe sociodémographique auquel appartient l’utilisateur.
En d’autres termes, en fonction de votre genre, de votre âge, ou encore de votre couleur de peau, mais aussi en fonction du robot qui vous conseille, les propositions seront différentes. Ce qui serait, on peu s’en douter, incompatible avec des résultats optimaux pour gérer l’argent que nous avons mis de côté.
De l’avis des chercheurs, qui s’expriment par voie de communiqué, même si les conseils financiers ne sont pas nécessairement mauvais, il faut donc faire preuve de prudence.
« Cela ressemble au fait de chercheur des informations, sur internet, à propos de notre état de santé, et des recommandations médicales », explique l’un des auteurs des travaux, Sawrn Chatterjee, professeur en planification financière.
« Il est quand même nécessaire d’aller consulter un médecin. »

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Des avis qui varient beaucoup
Dans le cadre de leur étude, les auteurs ont créé trois scénarios distincts s’articulant autour de gens ayant besoin de conseils pour créer un fonds d’urgence, concevoir un portefeuille d’investissements, et optimiser les retraits dans leur montant mis de côté pour la retraite.
Les trois scénarios ont été soumis à différents agents conversationnels: ChatGPT, Claude, Copilot, DeepSeek, Gemini, Meta AI et Perplexity. Les seules variables, entre les différentes soumissions, étaient liées à la couleur de peau et au genre théoriques de l’individu posant la question.
Les réponses des robots conversationnels, indique-t-on par voie de communiqué, ont varié lorsque les « utilisateurs » étaient décrits comme étant des femmes, ou encore des Noirs.
Ainsi, ChatGPT, Copilot et DeepSeek auraient tous trois recommandé davantage d’économies aux femmes et aux Noir(e)s qu’aux hommes et aux Blanc(he)s.
Et les totaux variaient également en fonction des différentes plateformes d’IA.
« Dans un monde idéal, toutes les recommandations seraient similaires, mais ici, elles sont différentes », a souligné le Pr Chatterjee.
« Les modèles d’IA recueillent toutes les données disponibles sur les humains, ainsi que sur le secteur financier, et en fonction de ces informations, effectuent des recommandations ou des suggestions. Et donc, une IA pourrait penser qu’un homme provenant d’une minorité culturelle aurait plus de problèmes à trouver un travail. Et donc, puisqu’il faudrait plus de temps pour trouver un emploi, il faudrait peut-être disposer d’un plus grand fonds d’urgence », a-t-il ajouté.
Alors que Claude aurait recommandé de mettre de côté davantage d’argent que les autres logiciels, l’IA de Meta aurait suggéré aux femmes d’effectuer des placements moins risqués, Alors que DeepSeek a indiqué aux personnes noires de ne pas garder d’argent comptant sur eux.
À l’opposé, les Blancs se sont fait proposer de renforcer leurs capitaux propres et de garder du comptant.
« La qualité de l’information dépend à la fois de la question et de la capacité des utilisateurs à interpréter la réponse », souligne le Pr Chatterjee, encore une fois par voie de communiqué.
« Deux personnes peuvent avoir le même âge et le même revenu, mais des objectifs financiers complètement différents. Sans les connaissances nécessaires pour interpréter les résultats, les gens pourraient se retrouver à suivre une stratégie qui n’est pas appropriée pour eux. »
Et même si, dans bien des cas, tous les m0dèles d’IA ont recommandé les mêmes stratégies financières, les biais démographiques et le côté inconstant des recommandations, parmi les systèmes d’IA, sont inquiétants, soutiennent les auteurs de l’étude.
« Il faut faire confiance, mais vérifier malgré tout », soutient le Pr Chatterjee. « Prenez les recommandations de l’IA avec un grain de sel. L’IA donne un point de départ aux gens, pas un point d’arrivée. Pour les décisions qui affecteront votre avenir financier, il est important d’aller chercher l’avis d’un planificateur financier humain qui connaît vos circonstances personnelles. »





