Sans réinventer le genre, Abyssus propose une expérience de jeu de tir coopératif saupoudrée d’éléments de roguelite qui possède juste assez de personnalité pour procurer du plaisir aux joueurs, surtout lorsqu’on s’y plonge en compagnie de quelques amis.
Se décrivant comme une expérience « brinepunk », un genre apparenté au steampunk, mais dont l’esthétique, plus surréaliste, évoque les tempêtes maritimes, le fond des mers et le surnaturel, Abyssus est un peu comme la fusion entre l’univers de Bioshock et les cauchemars de H.P. Lovecraft. Le scénario du jeu est assez mince: après avoir capté un mystérieux signal au cœur de l’océan Atlantique, un pic d’énergie provenant des profondeurs détraque le sous-marin à bord duquel on prend place. Naufragé et séparé du reste de l’équipage, le joueur devra alors s’aventurer dans les entrailles d’un temple aquatique qui semble avoir été construit il y a des millénaires pour y affronter les nombreux dangers qu’il recèle et en révéler les mystères.
Abyssus est d’abord et avant tout un FPS coopératif présenté dans une vue subjective et pouvant accueillir jusqu’à quatre joueurs travaillant de concert pour survivre. L’action y est frénétique. Il n’y a pas de système de couverture, et l’on doit constamment rester en mouvement afin d’éviter les tirs nourris des nombreux ennemis. On débute avec une simple mitraillette, mais peu à peu, on débloque le fusil à pompe, l’arme tesla crachant des jets d’électricité, le revolver à écume, le lance-disques, l’arc de combat, le canon à plasma ou le pistolet-harpon. Chaque arme possède deux modes de tir distincts, et on peut les améliorer à l’aide de différents modules que l’on acquiert au fur et à mesure de notre progression.

La mécanique centrale d’Abyssus repose sur des expéditions. Seul ou accompagné de nos coéquipiers, on traverse quatre zones de difficulté croissante, chacune offrant des rencontres et des défis spécifiques. Durant le parcours, des autels de bénédictions se trouvent sur notre route. Ceux-ci accordent des propriétés élémentaires à nos munitions (givre, feu, électricité, vent), augmentant substantiellement notre puissance de tir. On récolte également des talismans permettant de modifier ou d’augmenter nos capacités de combat, ou offrant des bonus passifs (25% de dégâts supplémentaires infligés aux ennemis, amélioration de la cadence de tir, augmentation de la vitesse de déplacement, réduction des dommages reçus, etc.).

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Comme dans tous les jeux de type roguelite, la mort fait partie intégrale de l’expérience, et on trépasse régulièrement. On peut toutefois réanimer nos coéquipiers tombés au combat. Si les bénéfices accordés par les autels de bénédictions et les talismans ne sont actifs que durant les expéditions, Abyssus compte également un système de progression permanent. À l’aide des fragments d’âmes récoltés, on déverrouille des nouvelles habiletés dans l’arbre de compétence. Il y en a 43 au total, qui bonifient les dégâts causés par les armes ou leur cadence de tir, accordent plus de butin, réduisent les dégâts subis, ou augmentent la quantité de points de vie.

L’un des principaux défauts d’Abyssus apparaît après plusieurs dizaines de parties. Malgré leur qualité artistique, les environnements finissent par trahir une certaine répétitivité. Les salles se ressemblent souvent les unes aux autres, et les objectifs évoluent peu. Certaines vagues d’ennemis reviennent aussi avec une fréquence excessive. Les boss demeurent impressionnants mais leur nombre reste relativement limité, ce qui réduit progressivement l’effet de surprise. Cette répétition constitue probablement le principal frein à la longévité du jeu. Au moins, le titre offre la compatibilité entre les différentes plateformes. On n’a donc jamais de difficulté à trouver des partenaires pour des matchs.
Évoquant le récent remake de Painkiller, mais avec une esthétique et une personnalité qui lui sont propres, Abyssus est une expérience parfaite quand on a envie de foncer dans le tas et de tirer tout ce qui bouge. Avec un peu de chances, des DLC viendront bientôt remédier à sa variété de contenu un peu limitée.
6.5/10
Abyssus
Développeur : DoubleMoose Games
Éditeur: The Arcade Crew
Plateformes: PlayStation 5, Windows, Xbox Series S/X (testé sur PS5)





