Après avoir révolutionné le monde des FPS avec des classiques comme Halo et Destiny, le studio Bungie se lance maintenant dans un genre particulièrement compétitif, soit le jeu de tir d’extraction, avec Marathon, un titre inspiré de l’univers de sa célèbre trilogie des années 1990.
Bien avant l’avènement du CD-Rom, à l’époque où les jeux vidéo venaient sur plusieurs disquettes, j’ai joué aux trois opus de Marathon. Je sais, ça ne me rajeunit pas. Bien qu’elle se déroule dans le même univers et reprenne certains des concepts de science-fiction de la série originale, cette nouvelle mouture n’a cependant que peu à voir avec la version des années 1990. Près d’un siècle après la disparation du vaisseau colonisateur UESC Marathon, l’humanité reçoit un énigmatique message provenant de la planète Tau Ceti IV. C’est au joueur que reviendra la mission de se rendre sur place afin de découvrir ce qui est arrivé.
Dans Marathon, on n’incarne pas un humain directement, mais un mercenaire cybernétique transférant sa conscience dans un corps biosynthétique appelé un « Coureur ». Chaque match repose sur une boucle simple: seul ou en équipe, on doit explorer plusieurs zones de la planète à la recherche d’armes, d’équipements et d’améliorations, affronter des ennemis contrôlés par l’IA (et surtout d’autres joueurs), puis atteindre un point d’extraction sans être éliminé. Cette structure procure une tension permanente où chaque décision devient importante, puisque mourir signifie perdre les ressources récoltées, ainsi que l’équipement que l’on porte.

Les « coquilles de Coureur » dans Marathon agissent comme des classes, chacune avec leurs propres aptitudes et statistiques. Équipé d’une barricade anti-émeute et d’un lance-roquettes, le Destructeur est le tank de l’équipe. L’Assassin est un agent d’infiltration utilisant la fumée et l’invisibilité temporaire. L’Éclaireur peut scanner la zone pour révéler les ennemis. Axé sur les déplacements rapides et les attaques éclair, le Vandale est extrêmement mobile. Le Voleur utilise un drone pour dérober le butin des ennemis à distance et possède un grappin. L’Urgentiste est le médecin de combat soignant et réanimant ses alliés à distance. Le Rook est la coquille de base pour les débutants, et sert surtout pour les pillages en solo.
Comme on peut s’y attendre de la part de Bungie, les développeurs derrière Halo et Destiny, le mouvement dans Marathon est très fluide, et les mécaniques de tir extrêmement satisfaisantes. Chaque arme bénéficie d’un recul précis, d’une sensation de puissance, et possède une personnalité distincte. On peut aussi leur ajouter différents modules de modification (canon, poignée, magazine, lunette de visée, etc.) afin de personnaliser leur fonctionnement et leur puissance. En comptant les trois implants dont on peut équiper son Coureur, les boucliers et les noyaux, on se retrouve face à un système de personnalisation beaucoup plus profond que ce qu’on retrouve habituellement dans ce genre de jeu.

Six factions se disputent l’influence sur Tau Ceti IV (CyberAcme, Nucaloric, Traxus, Mida, Arachne et Sekiguchi). Elles proposent toutes des contrats aux joueurs, et l’on doit choisir lequel activer avant une excursion sur la planète. En compléter un augmente notre réputation auprès de la faction l’ayant émis, et permet de débloquer divers avantages ainsi que des améliorations propres à chacune (davantage d’espace dans le coffre ou le sac à dos, deux fois plus de crédits lorsqu’on vend des items, amélioration de la capacité thermique, augmentation des charges de bouclier, accès à du nouveau matériel dans le magasin, etc.).
Oubliez les zones de guerres grises et brunes habituellement associées à ce genre de jeu. Marathon délaisse le réalisme pour adopter une science-fiction extrêmement stylisée mêlant minimalisme, couleurs saturées, architecture futuriste et influences rétro. Les interfaces sont élégantes, et participent pleinement à l’immersion. Il n’y a que quatre zones à explorer, mais chacune est vaste, et possède une véritable personnalité. Le titre pallie également à l’un des plus gros problèmes des Call of Duty de ce monde : le matchmaking jumèle en effets des joueurs du même niveau. Les débutants ne se font donc pas tuer à répétition par les vétérans, une fonction que tous les FPS compétitifs devraient incorporer.

S’il est sorti depuis déjà quelques mois, les développeurs chez Bungie ont bien l’intention de garder le titre en vie à l’aide de contenu additionnel ajouté régulièrement par le biais des saisons. Intitulée Nightfall, la seconde saison, qui est présentement en cours, ajoute une nouvelle coquille de Coureur, la Sentinelle, qui est axée sur le contrôle de zone et le ralentissement des ennemis plutôt que sur l’agression pure. On compte également une version de nuit de la carte « Marais sinistre » et des nouveaux équipements (lampes torches, fusées éclairantes, lunettes de vision nocturne, etc.) pour survivre dans l’obscurité.
La deuxième saison de Marathon intègre également une nouvelle façon d’améliorer les statistiques de son Coureur, qui n’est plus limitée par la progression auprès d’une des six factions, des nouveaux mods et implants, ainsi que deux armes (la mitraillette KKV-9SD avec silencieux intégré et le pistolet de combat D54 disposant d’une rafale rapide de tir et des viseurs intégrés). Depuis un peu plus d’une semaine, le titre expérimente également un nouveau mode de jeu collaboratif, où l’on unit nos forces avec d’autres Coureurs pour faire face à des ennemis uniquement contrôlés par l’intelligence artificielle.
Depuis sa sortie, Marathon a divisé la communauté de joueurs. Bien sûr, il est frustrant de perdre son butin et son équipement lorsqu’on se fait tuer avant l’extraction et les mécaniques du jeu demandent une certaine courbe d’apprentissage avant d’en saisir toutes les nuances, mais c’est justement cette complexité et cette profondeur qui font du titre l’un des meilleurs FPS d’extraction présentement disponible.
7.5/10
Marathon
Développeur: Bungie Inc.
Éditeur: Sony Interactive Entertainment
Plateformes: PlayStation 5, Windows, Xbox Series S/X (testé sur PS5)





