Venez vous installer dans The Boroughs! Venez profiter de cette magnifique communauté pour retraités dans le milieu du désert, et participez aux différentes activités offertes tous les jours. Et ne faites surtout pas attention à ces créatures monstrueuses qui errent dans le noir et qui pourraient vous faire la peau. Tout va bien.
Créée par Jeffrey Addiss et Will Matthews et produite par les frères Duffer, bien connus pour Stranger Things, The Boroughs est une minisérie de science-fiction se déroulant, comme mentionné, dans une communauté pour personnes âgées. La vie semble y être paisible, mais si les premières scènes sont indicatrices de l’ensemble de la chose, il est clair que l’endroit a, au mieux, un problème d’infestation d’étranges bestioles aux allures d’extraterrestres.
Arrive, sur ces entrefaites, Sam, joué par l’excellent Alfred Molina, un ancien ingénieur aéronautique qui a récemment perdu sa femme. C’est cette dernière qui avait négocié pour que le couple aille s’installer à cet endroit, moyennant un prix particulièrement élevé.
Voilà donc notre gaillard, bourru, triste et en colère contre la Terre entière, qui se lie très lentement d’amitié avec Jack, l’un de ses voisins (Bill Pullman). Le hic, c’est que Jack meurt, apparemment tué par une bien drôle de bestiole. Ajoutez à cela Edward, qui prétend qu’il existe des « hiboux dans les murs », et qui meurt rapidement, lui aussi, après avoir été interné dans ce qui fait office de CHSLD, et voilà Sam qui tente de résoudre un bien étrange mystère mêlant science-fiction et surnaturel.

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Impossible, évidemment, de ne pas voir des influences de Stranger Things, justement, y compris avec cette idée de monstre(s) errant dans une petite ville en apparence tout à fait ordinaire.
Ici, cependant, pas question de nostalgie des années 80: tout cela se déroule à notre époque, mais avec des personnages âgés, ce qui permet d’abord d’avoir une distribution aux cheveux gris, pour une fois, en plus d’aborder les questions souvent taboues de la vieillesse, des pertes cognitives, et de la mort.
De rebondissement en rebondissement, on constate que cette série tient justement davantage de Spielberg que de Stranger Things. À preuve, ces envolées musicales, ces moments d’héroïsme ordinaire, cette impression que c’est nul autre qu’Alfred Molina qui sera en mesure de sauver le monde.
Cependant, en voulant tout boucler en huit épisodes bien tassés, on a laissé de côté quelques aspects du scénario qui, s’ils ne sont pas nécessairement essentiels, font en sorte qu’une fois le générique de fin qui défile à l’écran, plusieurs questions demeurent sans réponse.
À la limite, on peut passer l’éponge; après tout, il s’agit d’un divertissement tout à fait sympathique, avec une distribution solide.
Là où ça coince, cependant, c’est lorsque les scénaristes ont cherché à offrir une sorte de fin ouverte, alors que l’histoire est pourtant bel et bien complétée. Et le pire, dans tout ça, c’est que cette tentative est si paresseuse qu’on peut se demander s’il s’agit d’une erreur, d’une scène qui aurait dû être coupée au montage.
Quoi qu’il en soit, The Boroughs offre quelques heures de divertissement tout à fait convenable. Et, contrairement à d’autres productions Netflix, pas besoin de se demander si une deuxième saison, venant répondre aux questions laissées en suspens à la fin de la première, verra ou non le jour. Huit épisodes, merci, bonsoir. Et c’est très bien comme cela.





