Y a-t-il un mythe occidental plus fondateur que celui de la Guerre de Troie? Qui, dans nos civilisations européennes et nord-américaines, n’a pas entendu parler d’Achille, d’Hector, d’une femme si belle qu’elle a mené à une guerre qui durera 10 ans? Et à Pointe-à-Callière, on tente de faire le pont entre l’imaginaire d’Homère et la réalité archéologique de l’époque, il y a plus de 3000 ans.
Faire le pont, oui, et non pas l’Hellespont (pardon), car si l’épopée d’Homère, cette Illiade et cette Odyssée, toutes deux riches en rebondissements, en drames, en interventions divines, sont de la fiction, la ville de Troie a bel et bien existé. Et l’une de ses versions aurait été victime d’une attaque violente, environ un millénaire avant notre ère.

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Ajoutez à cela une civilisation grecque qui était déjà bien établie, et qui a traversé, non sans heurts, la fin de l’Âge du bronze et le début de l’Âge de fer, et vous obtenez un héritage social, culturel, historique et archéologique presque impossible à quantifier.

Aidés par diverses institutions grecques, et dans la foulée d’une mission archéologique canado-grecque en cours depuis une trentaine d’année, dans cette région de l’Europe, les conservateurs de Pointe-à-Callière ont, fidèles à leur habitude, réussi un tour de force.
Ainsi, ce ne sont pas moins de 400 objets, petits et grands, des morceaux de poterie à ce qu’il reste d’armes, sans compter des statues et quantité d’items de tous les jours, qui sont présentés au public. D’ailleurs, nous a-t-on dit, non seulement certaines pièces exposées n’avaient jamais quitté la Grèce, auparavant, mais d’autres sont carrément, ici, exposées pour la première fois.
On ne peut s’empêcher, à l’instar de la fantastique exposition sur la Rome antique, présentée au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’à la mi-juillet, d’éprouver un mélange de fascination, de stupéfaction et d’admiration devant ces témoignages du passé.

Nous voici, en effet, devant des preuves concrètes du fait que l’espèce humaine se bat non seulement pour survivre, mais était déjà capable, il y a 3000 ans, de construire des sociétés si imposantes, si complexes et si puissantes, qu’elles alimentent encore l’imaginaire collectif, des millénaires plus tard.
Du bout de tablette portant des traces d’un proto alphabet grec à ces objets destinés aux cérémonies religieuses, l’exposition La Grèce des héros – Au temps de Troie représente un instantané particulièrement concret d’une période de notre histoire où les dieux côtoyaient les mortels. Et où l’honneur bafoué d’un roi fut suffisant pour faire appareiller une flotte de 10 000 navires… et changer l’histoire du monde à jamais.
À découvrir à Pointe-à-Callière, jusqu’au 7 mars 2027.





