À défaut de pouvoir nécessairement dépêcher des équipes, sur le terrain, et mener des évaluations qui pourraient durer des années, une évaluation menée du haut des airs, à l’aide de senseurs, pourrait permettre d’évaluer les dégâts des bombardements massifs d’Israël sur la bande de Gaza, dans la foulée de l’attaque du 7 octobre 2023. Et les résultats donnent froid dans le dos.
Voilà du moins ce qu’affirment des chercheurs, dont les travaux ont récemment été publiés dans PNAS Nexus.
Ces spécialistes, Daniele Rinaldo en tête, ont utilisé des données satellites pour déterminer que plus des trois quarts de l’économie de l’enclave palestinienne ont été réduits à néant depuis l’éclatement de la plus récente guerre entre Israël et le Hamas.
D’ailleurs, comme le rappellent les auteurs, par voie de communiqué, même avant ce conflit, les conditions économiques à Gaza, l’un des endroits les plus densément peuplés sur Terre, étaient difficiles, notamment en raison du blocus imposé par Israël.
Ainsi, selon les informations recueillies à l’aide du satellite Sentinel-1, les chercheurs ont constaté qu’en date du 31 octobre 2024, soit environ un an après l’éclatement du conflit, pas moins de 82% du territoire de Gaza avait été endommagé au moins une fois. L’équipe a également effectué un suivi des changements dans la luminosité nocturne, ce qui est l’une des méthodes les plus fréquemment utilisées pour évaluer l’activité économique.
Toujours selon l’analyse des données satellitaires, on aurait recensé une diminution de près de 70% de cette luminosité nocturne, dans la foulée des bombardements et des combats, avec une augmentation faible – mais notoire – durant le cessez-le-feu de novembre 2023.
Et donc, en liant les niveaux de luminosité pré-guerre au niveau de revenu et aux tendances en matière de dépense, écrit-on encore par voie de communiqué, les auteurs de l’étude jugent que cette guerre a provoqué une chute de près de 75% du PIB sur l’ensemble du territoire, avec une pointe à 97% pour les lieux les plus touchés par les bombes et les obus.
Au total, ce ne sont pas moins de 2,6 milliards de dollars US en activité économique qui auraient disparu.





