Ten Thousand Hours, c’est le temps qu’il faudrait vouer à un art pour le maîtriser. Nul doute que les membres de la compagnie Gravity & Other Myths ont consacré ces 10 000 heures et bien davantage à la danse, à la gymnastique et aux acrobaties les plus difficiles pour parvenir à la maîtrise de leurs exploits.
Pour la clôture de sa saison, La Tohu offre aux spectateurs le plaisir d’admirer cette troupe australienne à la fois virtuose, sympathique et généreuse, unie et heureuse de se produire ensemble.
Mais pour progresser dans un art, en plus du nombre d’heures conséquent qu’il faut y consacrer, quel meilleur moyen de l’aborder et de s’y tenir que par l’intermédiaire du jeu? Jouer comme le font les enfants, se donner des règles de plus en plus difficiles pour aller au bout de ses ressources et de ses capacités. C’est ce que font chacun des membres de la troupe, individuellement et collectivement, tout au long du spectacle et sans doute aussi dans la vie.
Quand les spectateurs s’installent sur les gradins de La Tohu, les artistes (six hommes et trois femmes) sont déjà sur scène à s’entrainer tranquillement, à faire des étirements et des exercices d’assouplissement. Un fond de scène lumineux affiche des chiffres comme un compte à rebours ou les heures qu’on ne compte plus à s’exercer. Un très bon musicien sur sa batterie et sa console numérique assure le rythme des numéros.

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Le spectacle débute tranquillement: un artiste traverse la scène en marchant, en croise un autre, puis un autre. Mais en se croisant, ils forment des couples en s’attrapant, en se relâchant et en voltigeant dans les airs, le plus simplement du monde, comme si c’était naturel.
Puis la chorégraphie se complique en ajoutant d’autres contraintes de jeu.
Par exemple, les corps se tiennent droits les uns sur les autres, à deux, puis à trois, passant d’épaules à épaules dans des combinaisons de plus en plus périlleuses. Tout semble si simple. Cela reste de la marche, mais de plus en plus haut, et sur le dos des artistes grimpés les uns sur les autres…
Comme ce numéro, de nombreux autres suivent toujours plus périlleux mais toujours exécutés avec la modestie et l’élégance qui caractérise cette troupe virtuose.
On les sent joyeux comme le sont des enfants qui jouent. Ils communiquent leur enthousiasme à la salle en faisant penser aux spectateurs que ce qu’ils réalisent devant eux est presque simple et ne requiert que peu d’efforts.
En provenance de plusieurs domaines artistiques – outre le cirque –, dont la danse et la gymnastique acrobatique, les artistes de la troupe se produisent dans ce qu’ils ont de meilleur à offrir. On les sent à la fois admiratifs et attentifs les uns aux autres. Car les numéros sont parfois dangereux, mais toujours exécutés avec le sourire et la simplicité des grands artistes.
La troupe Gravity & Other Myths a récemment remporté le Prix du Président au Festival Mondial du Cirque de Demain, à Paris. Ses artistes ressemblent aux membres d’une grande famille qui prennent du plaisir ensemble, qui jouent et glissent des pointes d’humour ou de facéties selon leurs personnalités propres. Les adultes, mais aussi les enfants présents dans la salle, étaient tous éblouis par la proximité des artistes et leur capacité à entrer en contact avec le public.
Ten Thousand Hours est un magnifique spectacle, d’une esthétique parfaite et qui donne envie de se surpasser sinon en acrobaties physiques, du moins dans ce que chacun peut développer comme art à son niveau.
Ten Thousand Hours
Gravity & Other Myths
Mise en scène de Lachlan Binns





