Qu’il s’agisse de combattre Voldemort, Darth Vader ou les nazis, la popularité de la musique du compositeur américain John Williams ne se dément pas. Et après un premier passage à Montréal, au printemps 2024, voilà que l’Orchestre FILMharmonique présentera de nouveau le concert en question, dans la métropole et ailleurs au pays, dès la semaine prochaine. Avec, dans ses bagages, un accomplissement prestigieux: plus de 25 000 billets vendus.
« On est contents que le public soit au rendez-vous », lance tout de go François Choinière, directeur artistique et chef de l’orchestre.
« Pour nous, le grand débat sur la musique classique, par rapport à la musique de film, est clos: la musique de film, c’est de la musique classique, c’est notre musique symphonique contemporaine. Si Puccini ou Mozart vivaient à notre époque, ils écriraient de la musique de film », ajoute-t-il, en entrevue avec Pieuvre.
L’équivalence des deux types de musique peut d’ailleurs aller dans les deux sens, histoire de faire taire qui les puristes du classique, qui pourraient lever le nez sur des compositeurs comme John Williams, en prétextant que leurs oeuvres sont peut-être trop « grand public », et qui ceux et celles qui accusent le classique d’être réservé à une certaine élite, souvent aisée et âgée.
« Ce type de musique rejoint un public formé de plusieurs générations de spectateurs, et c’est ça la beauté [de la chose]. C’est aussi de la musique que nous n’entendons pas souvent en concert; voilà pourquoi ce sont des événements uniques », a poursuivi M. Choinière.
Et pourquoi les pièces de John Williams suscitent-elles autant d’intérêt? De l’avis de François Choinière, cela s’explique par les liens inaltérables entre les films pour lesquels le compositeur a écrit de la musique, et le résultat de ces travaux: « [La musique] contribue tellement à évoquer les émotions des personnages, le développement de ceux-ci… Juste la façon dont [Williams] développe ses thèmes, c’est pour cela que les films ont été un succès. »
Faire oeuvre utile
Bien entendu, les films auxquels a participé le compositeur ne sont pas les seuls à se tourner vers de la musique de style classique pour construire leur trame sonore, mais pourrait-on imaginer Indiana Jones sans son thème musical? Star Wars sans sa Marche impériale? Ou même, si l’on change d’univers cinématographique, les films des Avengers sans leurs envolées lyriques et épiques?
En un sens, poursuit M. Choinière, en présentant ce type de concerts, l’Orchestre FILMharmonique fait coup double: permettre aux spectateurs de revivre leurs films préférés, mais aussi « de renouveler le public des concerts de musique classique, en général ».
« Ce que nous avons découvert, lorsque nous avons commencé, c’est qu’une bonne part de notre public n’avait jamais vu un orchestre symphonique sur scène. Les gens connaissaient les trames sonores de Howard Shore ou de John Williams, mais ne connaissaient pas nécessairement le nombre de musiciens nécessaires pour interpréter cette trame sonore. »
Le directeur artistique et chef de l’Orchestre FILMHarmonique indique par ailleurs que le niveau demandé, pour le concert en hommage à John Williams, « est très élevé, plus qu’une bonne part du répertoire symphonique traditionnel, notamment du côté des cuivres, qui doivent faire preuve de beaucoup d’endurance ».
Et entre deux concerts célébrant M. Williams, il y a aussi d’autres projets, pour l’orchestre, y compris la poursuite de la trilogie du Seigneur des Anneaux, dont Howard Shore signe la fantastique bande sonore.
Pas le temps de s’ennuyer, donc; et pour les amateurs des grandes compositions de M. Williams, le concert hommage sera de nouveau présenté, dès le 11 septembre, et jusqu’au 10 octobre, dans le cadre d’une tournée incluant évidemment Montréal, mais aussi Québec, Saint-Jérôme, Toronto, Gatineau et Sherbrooke. Il ne fait aucun doute, d’ailleurs, que la formation accomplira tout cela en moins de 18 parsecs. Ou à la vitesse d’un balai magique? Choisissez votre métaphore… et votre film fétiche!





