Le précédent album de King Gizzard and the Lizard Wizard, Flight b741, avait des allures de dad rock, avec des sonorités qui rappelaient la belle époque des groupes que l’on écoutait dans la salle de concert du coin, ou à la radio, en rentrant du bureau. Voilà que le nouveau disque, Phantom Island, injecte une bonne dose de cuivres et autres cordes à l’ensemble.
Un peu comme The Silver Cord était un peu la suite déjantée, quasiment psychotronique de Petrodragonic Apocalypse, lui-même un album assez fou, merci, Phantom Island semble être directement rattaché à l’album qui le précède.
S’agit-il d’une suite directe? Ou plus simplement d’une série de pièces supplémentaires qui n’avaient pas trouvé de place sur Flight? Ce que l’on sait, c’est que le groupe, nos Australiens préférés (enfin, on imagine), ont enregistré les deux disques en même temps. Sans surprise, donc, le son y est largement similaire. Rien à voir avec le précédent « duo », cette combinaison de métal bien trempé et de musique électronique.
Cette fois, après le dad rock, nous avons droit à du… dad rock avec un orchestre? Difficile de décrire, vraiment, l’ambiance musicale de Phantom Island: aux titres très rythmés, presque dansants du début, que sont les titres déjà parus Phantom Island et Deadstick, succèdent des chansons presque contemplatives – du moins, certainement des pièces relaxantes. Une petite dose de rock tranquille, peut-être.
En fait, on semble retrouver, ici, quelque chose comme une structure similaire à Omnium Gatherum, qui comptait plusieurs bonnes, voire très bonnes pistes, mais à qui il manquait cette structure centrale, cette colonne vertébrale musicale qui a permis à d’autres albums du groupe de devenir des classiques intemporels – bonjour Petrodragonic, oui, mais aussi Infest the Rats’ Nest, ou encore Nonagon Infinity, pour ne nommer que ceux-là.
Pire encore, les deux chansons déjà popularisées, Phantom Island et Deadstick, sont probablement les deux meilleures du disque.
Cela ne veut pas dire que le reste de l’album est mauvais, ou que les autres pièces ne sont pas de bonne qualité. Si King Gizzard a déjà produit de la musique très ordinaire, difficile de penser à une piste qui est franchement inécoutable. Même Rattlesnake et Straws in the Wind, que l’on pourrait considérer comme des gags, sont devenues des classiques, interprétées comme tels en concert.
Et donc, ce Phantom Island, sans être un incontournable, demeure un album bien fait, aux sonorités agréables, et qui représente une énième facette du talent musical de nos gars d’en dessous. À découvrir, donc, ne serait-ce que pour avoir sa nouvelle dose de Gizz.





