Avis à tous les essoufflés de la métropole: il vous faut assister aux « danses vagabondes » de la prodigieuse Louise Lecavalier pour reprendre force! Seule face à un mur moderne aux néons bougeant, l’artiste démontre que son corps et sa respiration sont paramétrés aux plus folles rythmiques technos.
Arrivant habillée d’un kimono satiné, la tête sous une capuche recouvrant sa longue chevelure ondulée , la danseuse expose son être tout en juvénilité. De bons en bonds, les bras et les jambes constamment sous tension, Louise Lecavalier nous transperce de son regard clairvoyant. Peut-être est-ce là la nature de sa performance vagabonde, mue par la batterie interne l’activant dans tous les sens? Ou un pied de nez à nos vies agitées sans raison autre que la frénésie ambiante? Quel que soit le sens, on ne peut qu’être happée par toutes les directions de la chorégraphie, boussole sur adrénaline, laissée à elle-même…
À plus de 60 ans, Louise Lecavalier signe une œuvre tonique jusqu’au bout des orteils, touchante par ses essoufflements parfaitement incorporés à ses gestuelles interprétées au millimètre près de l’esthétisme et de l’harmonie. Un rendez-vous avec la grâce d’une nymphe urbaine qui n’a nul besoin de stimulant autre que sa passion pour danser sans interruption.
Danses vagabondes
Jusqu’au 4 juin à l’Usine C





