Burocratie Vol. 1: vie de bureau

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Si le télétravail vous pèse depuis le début de la pandémie, vous risquez de vous ennuyer un peu moins du bureau en lisant l’album Burocratie Vol. 1, une bande dessinée évoquant une sorte de Dilbert québécois.

Manifestement nommé en l’honneur du principe voulant que tout employé tende à s’élever à son niveau d’incompétence, Peter est à la fois le personnage principal et le fil conducteur de Burocratie Vol. 1. Depuis l’instant où il postule pour un poste à la compagnie de papier de toilette et d’essuie-tout Paperass & Son en passant par son embauche et ses premières semaines dans ses nouvelles fonctions, l’album suit ses péripéties au sein de l’entreprise, et introduit peu à peu les différents collègues avec qui il aura la « chance » de travailler, comme Fletcher aux ressources humaines, Archibald Strickland le chef de service, Omar l’employé de bureau, Néo le technicien en informatique, ou Hans Sonof junior le PDG. Bien que l’auteur prenne en compte la diversité culturelle, il n’y a étonnamment aucune employée féminine dans sa boîte fictive, un oubli de taille qui, on l’espère, sera corrigé dans le second volume.

La couverture de l’album

À travers une série de vignettes, Burocratie Vol. 1 aborde avec humour les multiples facettes de la vie de bureau, dont le temps passé autour de la machine à café, les réunions, les demandes de congé et d’augmentation de salaire, les parties de solitaire sur l’ordinateur, les cyberattaques contre le site de la compagnie, ou l’évaluation des employés, à l’aide des gags légers faisant souvent sourire. Lorsque Peter demande pourquoi la transparence est si importante pour l’entreprise, le chef de service lui répond « Ça ne vous regarde pas! ». Quand vient le temps de choisir son mot de passe, l’informaticien lui spécifie qu’il doit être composé de dix caractères, soit « un chiffre, une lettre majuscule et une minuscule, un symbole, la première lettre d’un acteur de James Bond, d’un écrivain victorien, d’un droïde de Star Wars, d’un dieu norvégien, d’un sidekick de Batman et d’un titre de jeu 8-bits ».

Une page de l’album

Burocratie Vol. 1 se présente sous la forme d’un petit livre rectangulaire ne faisant que 20 cm par 20 cm. Dans la plus pure tradition des « strips » à la Mafalda, Kristof Synnesael (mieux connu sous le pseudonyme The Synne), fait preuve d’un excellent esprit de synthèse, plaçant la prémisse, le développement et le « punch » sur une seule page, et développant un gag complet en l’espace d’à peine trois ou quatre images. Ses dessins très stylisés sont proches de la caricature, avec des personnages dotés de fronts démesurés, de crânes pointus ou de formes oblongues. Il y a même un employé dont les sourcils recouvrent complètement les yeux. L’artiste place ses illustrations dans des cercles plutôt que des cases, et bien qu’il se concentre principalement sur les bustes de ses protagonistes, il parvient à camper les décors avec seulement quelques objets judicieusement posés.

La bureaucratie est un terreau très fertile pour une série humoristique, et gageons que ce premier volume signé The Synne sera à l’honneur lors des échanges de cadeaux dans plusieurs bureaux québécois.

Burocratie Vol. 1, de The Synne. Publié aux éditions Victor et Anaïs, 72 pages.

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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