Paradise Lost, ou le Reich souterrain

0

En dehors de son intrigante version alternative de l’Histoire où les nazis se seraient réfugiés dans une gigantesque base souterraine après un holocauste nucléaire, Paradise Lost est malheureusement un jeu très linéaire, qui comprend très peu de mécaniques.

Devant une défaite de plus en plus inéluctable, les nazis ont lancé des bombes nucléaires sur l’Europe en 1960, transformant le continent entier en désert glacé et stérile, avant de se réfugier dans une colonie souterraine nommée Gesellschaft, où des milliers d’Aryens triés sur le volet attendent le jour où ils pourront remonter enfin à la surface et conquérir ce qui reste de l’humanité. Vingt ans plus tard, Szymon, un garçon venant tout juste de perdre sa mère, décide de pénétrer dans cette immense cité enfouie sous la terre à la recherche de son père. Le jeune homme découvrira peu à peu le drame s’étant joué dans cet endroit, qui n’est pas aussi désert qu’il ne le paraît à première vue.

Paradise Lost est avant tout une expérience narrative, dont l’histoire se dévoile à travers les lettres et les documents audio que l’on trouve au fil de notre exploration, ainsi que les dialogues avec Ewa, une voix désincarnée avec qui l’on échange par le biais de radios. Un cercle blanc apparaît au-dessus de certains objets pour indiquer une interaction, mais cette mécanique est parfois inutile, comme lorsqu’il s’agit de prendre une seringue, une pipe, ou un ourson en peluche dans sa main simplement pour les observer. C’est le genre de jeu que l’on peut qualifier de « simulateur de marche », où la mobilité de notre personnage est très réduite. Non seulement notre avatar ne peut courir, mais dès qu’il faut enjamber un obstacle ou emprunter une échelle, on doit appuyer sur un bouton pour que l’action se déclenche.

Image tirée du jeu

Le jeu est aussi extrêmement linéaire. Les niveaux sont conçus de telle façon qu’il est à peu près impossible de bifurquer de son chemin ou de se perdre. Il n’y a ni armes ni ennemis, et les puzzles ne donnent pas beaucoup de fil à retordre. Quand ils nécessitent l’utilisation d’un objet pour les résoudre par exemple, celui-ci ne se trouve jamais très loin. Pour ouvrir une porte, actionner un mécanisme ou ramer, on doit maintenir la gâchette de droite enfoncée et bouger le bâton analogique dans la direction indiquée pour accomplir l’action, mais c’est à peu près la seule mécanique de Paradise Lost. Pour le reste, on ne fait que marcher, et explorer ce monde aussi désert qu’un mausolée pendant la demi-douzaine d’heures que dure le titre.

Là où les développeurs de Paradise Lost ont mis le paquet, c’est au niveau des graphiques. Bien que la cité nazie se trouve sous terre plutôt que sous l’eau, cette utopie ayant mal tourné évoque beaucoup la ville de Rapture dans Bioshock, à la différence qu’ici, il n’y a pas de citoyens agressifs cachés dans ses recoins, et qu’à l’exception de la voix d’Ewa, l’endroit est absolument vide de toute présence. On apprécie l’aspect grandiose de cette colonie souterraine, avec son réseau de rails et de trains, ses lacs et ses arbres sous la montagne, et ses bâtiments opulents où la nature a repris ses droits. Rendus avec le moteur Unreal 4, les visuels constituent l’aspect le plus réussi du jeu, et les décors se font de plus en plus fantasmagoriques à mesure qu’on avance.

Si vous êtes en quête d’action et d’adrénaline, Paradise Lost n’est vraiment pas le jeu pour vous, mais si vous aimez explorer des endroits insolites et remplis de mystère, vous passerez un bon (quoique bref) moment avec ce titre.

6/10

Paradise Lost

Développeur : PolyAmorous

Éditeur : All in! Games

Plateformes : Switch, PS4, PS5, Windows, Xbox One, Xbox Series S/X (testé sur Xbox Series X)

Abonnez-vous à l’infolettre!

Encouragez Pieuvre.ca


Autres contenus:

Olija: quelques harpons de piège

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

Répondre