Fights in Tight Spaces, comme un coup de poing en pleine gueule

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Un personnage principal. Des dizaines d’ennemis. Et l’impérative nécessité de planifier ses gestes avec minutie pour éviter de se retrouver au tapis. Voilà le concept de Fights in Tight Spaces, un jeu d’action et de réflexion qui surprend. Dans le bon sens du terme, fort heureusement.

Développé par Ground Shatter et publié par Mode 7, le titre met le joueur dans la peau d’un espion « à l’ancienne ». Non pas, donc, avec moult gadgets et autres armes sophistiquées, mais plutôt avec ses poings et la force de son intellect comme seules méthodes permettant d’assurer sa survie.

Au fil des missions, il faudra se déplacer dans des lieux généralement relativement exigus (bar, salle de bain, garage, aile d’une prison, etc.) et envoyer au tapis des larbins toujours plus armés, blindés et menaçants.

Troisième titre du studio, après SkyScrappers et RICO, le premier un beat’em up, le second un jeu de tir à la première personne, Fights in Tight Spaces évoquera notamment Into the Breach, le deuxième titre de Subset Games, où des combats entre robots et monstres interdimensionnels se déroulaient dans des lieux exigus, et où chaque mouvement était longuement calculé à l’avance.

« Nous avons effectivement été inspirés par Into the Breach« , confirme James Parker, le fondateur du studio, qui cumule plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans le développement de jeux vidéo. « Il est vrai qu’on peut aussi parler des codes de couleurs, qui évoquent Superhot (avec ses décors généralement tout en blanc et ses ennemis en rouge, NDLR), mais nous avons aussi été influencés par Slay the Spire, et tous les autres jeux basés sur des cartes. »

Car voilà la principale mécanique du jeu: plutôt que d’effectuer directement des déplacements sur le « terrain » et attaquer les ennemis, par exemple, le joueur doit choisir parmi une série de cartes, en nombre limité, qui proposent de simples mouvements, des esquives, des attaques, ou encore des manoeuvres de blocage. Le nombre d’actions par tour est limité, ce qui force le joueur à choisir consciencieusement ses mouvements pour un tour, en tenant pour acquis que les ennemis vont eux aussi agir en fonction de leur programmation spécifique à leur type.

Certains méchants vont ainsi attaquer à une certaine distance, ou encore tout autour d’eux de façon automatique à leur tour, ce qui implique de prendre ses décisions stratégiques en conséquence. Fort heureusement, cela peut aussi jouer à l’avantage du personnage principal. Un peu de planification, et hop, il est tout à fait envisageable de forcer un ennemi à en attaquer un autre, ce qui gruge bien entendu leur nombre de points de vie.

Bien entendu, qui dit jeu d’action et d’espionnage à l’ancienne, s’il est possible de décrire la chose ainsi, dit films d’action et d’espionnage. « Nous avons été marqués par des films d’espionnage, des films d’action… tout cela s’est mélangé et nous a menés au monde du jeu et aux personnages qui s’y trouvent », mentionne encore James Parker.

« Nous avons analysé toutes sortes de séquences de combat pour tenter d’en extraire les choses amusantes et intéressantes. L’idée de baser le jeu sur l’espionnage nous est venue assez rapidement, notamment en raison de la possibilité d’y intégrer toutes sortes de choses, dès que nous avons établi le style visuel. D’ailleurs, la séquence d’ouverture de Casino Royale (où un James Bond stylisé combat des ennemis représentés par des silhouettes d’une seule couleur, NDLR) a aussi influencé le développement du jeu. »

Des hauts… et quelques bas

D’ailleurs, ce jeu, qu’en est-il? Lancé en accès anticipé à la fin de février, Fights in Tight Spaces peut être à la fois passionnant et particulièrement frustrant. L’animation est fluide, les visuels sont très réussis… mais la caméra donne parfois l’impression d’avoir un peu de difficulté à correctement nous montrer tout ce que nous aimerions voir, que ce soit les points de vie des ennemis, les espaces où l’on peut circuler, au sol, ou encore d’autres détails importants.

L’aspect le plus incertain, cependant, est le côté aléatoire des combats. Puisque les cartes dont dispose le joueur sont pigées au hasard, il est non seulement possible de se retrouver coincé avec des actions n’ayant que peu ou pas d’impact sur la situation en cours, mais en combinant cela avec les décisions des adversaires, il est possible de se retrouver coincé dans un coin, entouré par des ennemis, ce qui mènera à notre mort et la fin de la mission. Mission qui comporte souvent une dizaine d’étapes de plusieurs minutes chacune, et qu’il est impossible de reprendre autrement qu’en la recommençant depuis le début.

Autrement, pourtant, les astres finissent par s’aligner: le sort nous est favorable, la planification se déroule bien, et les ennemis tombent rapidement au combat.

Fondamentalement, Fights in Tight Spaces est un bon jeu. Un très bon jeu, même. Par contre, il sera carrément excellent lorsque les problèmes liés à son côté roguelike et au mauvais équilibre des niveaux de difficulté seront reliés. Espérons que les développeurs agiront rapidement en ce sens.

Fights in Tight Spaces

Développeur: Ground Shatter

Éditeur: Mode 7

Plateforme: Windows (Steam)

Jeu non disponible en français

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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