Cloudpunk: un taxi pour les nuages

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J’ignore si, en regardant le film Blade Runner, quelqu’un s’est déjà dit qu’il aimerait faire du taxi ou de la livraison de colis dans la Los Angeles du futur, mais si c’est votre cas, Cloudpunk est le jeu pour vous.

Certains jeux nous mettent dans la peau de héros plus grands que nature et nous font vivre des aventures épiques, mais ce n’est pas vraiment le cas de Cloudpunk, dans lequel on est, ni plus ni moins, qu’un simple chauffeur du futur. On y incarne une ancienne musicienne du nom de Rania, qui vient tout juste de déménager à Nivalis, une cité flottante perchée dans les nuages et qui s’apprête à débuter sa toute première nuit de travail pour la compagnie Cloudpunk. À bord d’une voiture volante, le titre consiste à ramasser des colis et à les amener un peu partout à travers la ville. Certaines livraisons offrent un choix « éthique » entre deux options, et il arrive occasionnellement que l’on transporte des passagers, mais dans l’ensemble, il s’agit d’une expérience somme toute assez banale.

Conduire une voiture volante à travers cette cité futuriste constitue l’aspect le plus excitant du jeu, et les contrôles sont simples et intuitifs. Les bâtons analogiques de la manette servent à contrôler l’altitude et l’orientation, tandis que les deux gâchettes sont utilisées pour l’accélération et le freinage. C’est lorsqu’on sort de son véhicule que les choses deviennent moins intéressantes. On ne peut se stationner que dans les endroits prévus à cet effet, et ceux-ci se trouvent la plupart du temps assez loin de notre objectif. Nivalis est un véritable dédale à plusieurs étages, jonché de passerelles et d’ascenseurs, et il n’est jamais simple d’atteindre notre destination quand on est à pied, ce qui complique inutilement les livraisons. En discutant avec les différents personnages peuplant la ville, l’intrigue se dévoile peu à peu.

Image tirée du jeu

Il n’y a pas beaucoup de mécaniques dans Cloudpunk, ni beaucoup d’activités présentes malgré son monde prétendument ouvert. Chaque course effectuée octroie une somme d’argent, qu’on utilise pour faire le plein d’essence, ou réparer sa voiture volante. On peut acquérir différentes améliorations pour son véhicule, comme des amplificateurs de vitesse ou des pare-chocs en « plastacier » diminuant les dégâts lors des collisions. Des éléments cosmétiques sont également accessibles pour décorer son appartement. On récolte des objets (batterie usagée, puce mémorielle, livre abîmé, prospectus, carte perforée, etc.), et si certains servent dans des quêtes, la plupart ne semblent avoir d’autre utilité que d’encombrer notre inventaire.

Les rendus dans Cloudpunk sont en « voxel », un peu comme si des graphiques rétro en 16-bit avaient été transposés en 3D, ce qui produit une signature visuelle unique. Avec sa cité flottante balayée par la pluie et dominée par une nuit éternelle où seule la lumière des néons sur les gratte-ciels perce l’obscurité, l’esthétique du jeu, à mi-chemin entre le film noir et la science-fiction, rappelle énormément Blade Runner. Le titre doit être prochainement optimisé pour les consoles de nouvelle génération, et souhaitons que cette mise à jour améliorera ses performances, puisque, même sur une Xbox One X et sans s’afficher en 4K, l’expérience souffre de ralentissements fréquents, et s’immobilise carrément pendant de longues secondes lorsqu’on passe d’une section de la ville à une autre.

Image tirée du jeu

En plus d’une performance générale laissant à désirer, Cloudpunk est également criblé d’une foule de problèmes techniques. On a souvent l’impression de devoir lutter avec le jeu à chaque fois qu’on essaie de tourner son avatar lorsqu’on se déplace à pied. On doit se positionner dans un angle très précis pour ramasser les objets et les colis. Parfois, appuyer sur le bouton A pour parler à un personnage ne donne aucun résultat. Le point vert sur la mini-carte, qui indique l’emplacement de notre objectif, disparaît à l’occasion sans raison, et certains succès ne sont pas décernés. L’un d’entre eux, accordé après avoir ramassé vingt cartes perforées, ne s’est jamais déverrouillé, même si j’en avais 23 en ma possession.

Cloudpunk propose certes un univers unique et un concept qui aurait pu être intéressant, mais à cause d’une multitude de problèmes techniques, d’une performance défaillante, et d’un monde ouvert plutôt vide, le jeu s’avère décevant.

6/10

Cloudpunk

Développeur : Ion Lands

Éditeur : Maple Whispering Limited

Plateformes : Nintendo Switch, PS4, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (textes à l’écran seulement)

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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