Ragnorium, une planète et des clones

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Sur une lointaine planète balayée par les vents, un groupe de colons devra tenter de créer une colonie autosuffisante. Mais les apparences sont bien souvent trompeuses, et Ragnorium, un jeu développé par Vitali Kirpu et publié par Devolver Digital, cache bien des surprises…

Décrit comme une « odyssée de recolonisation planétaire », le titre veut en effet se distancier des autres « simulateurs de colonisation » qui pullulent depuis quelques années, qu’il s’agisse de s’établir sur une autre planète, ou simplement d’aller construire des cabanes en bois quelque part en forêt. De fait, la planète que le joueur visitera avec ses équipages a déjà abrité une colonie entièrement fonctionnelle, voire, avant cela, une civilisation contemporaine avec ses industries, ses métropoles et sa technologie. Qu’est-il advenu de tout cela? Nul ne le sait vraiment, en début de partie, mais il faudra éventuellement tâcher de percer ces secrets.

En attendant, il y a plus pressant: comme tout bon simulateur de colonisation qui se respecte, il faut exploiter des ressources, construire des abris, trouver de la nourriture et se protéger contre les ennemis.

Pour accomplir tout cela, l’interface de Ragnorium est à la fois particulièrement complexe et étonnamment simple: chaque colon apparaît ainsi comme le personnage de sa propre aventure, avec ses points d’expérience, ses niveaux à gagner, ses caractéristiques particulières, et même son inventaire personnalisé.

À l’opposé, il est impossible d’indiquer directement quoi faire à chacun de ses colons. Ceux-ci peuvent se faire assigner des tâches générales comme la récolte du bois, par exemple, mais rien ne garantit qu’un colon en particulier (tous les colons sont des clones, d’ailleurs) ira directement effectuer ladite tâche. Le jeu préfère plutôt un système de mise en commun des tâches. La chose peut surprendre, d’ailleurs, surtout si l’on reçoit le message d’alerte « trop de tâches de collecte de ressources », et que l’on craint que nos colons ne s’immobilisent, confus.

Heureusement – et c’est l’une des forces du jeu –, l’intelligence artificielle de nos clones est franchement intéressante. Si ceux-ci semblent un peu simplets, ils apprendront rapidement à accomplir certaines tâches pour atteindre des objectifs plus complexes. Vous leur montrez à couper du bois? Ils s’y remettront s’il leur faut construire une maison, par exemple, ou alimenter le feu. Il faudra cependant qu’ils apprennent une première fois ce qu’il faut faire avant d’acquérir cette indépendance et cette liberté d’agir.

Combinez cela à une esthétique très rétro, avec les couleurs distordues par une sorte de signal vidéo légèrement corrompu, un genre d’effet cassette VHS en fin de vie utile, et à une musique intrigante, et vous obtenez un jeu franchement solide.

Cependant, il faut savoir que Ragnorium est présentement en accès anticipé. Si le développeur présente régulièrement des mises à jour et des améliorations, force est d’admettre que les coutures du titre craquent un peu. L’interface est beaucoup trop lourde et complexe d’utilisation, l’écran est parfois surchargé de notifications textuelles et sonores, et les premières heures de jeu risquent d’être ennuyantes, surtout si l’on se plonge dans cette aventure coloniale pour la première fois.

L’ensemble est néanmoins tout à fait prometteur, d’autant plus que l’on évoque un méta-arc narratif qui impliquerait une sainte croisade galactique. De quoi pousser les passionnés à cumuler les heures dans Ragnorium et tenter de transformer leur début de colonie en une cité rutilante.

Ragnorium

Développeur: Vitali Kirpu

Éditeur: Devolver Digital

Plateforme: Windows (Steam)

Jeu non disponible en français

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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