Disintegration: des robots et des hommes

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Conçu par l’un des créateurs de Halo, Disintegration aurait pu être un bon jeu de tir ou un bon RTS, mais en essayant d’être les deux à la fois, il n’est malheureusement ni l’un, ni l’autre.

En partant, la prémisse de Disintegration ne fait pas beaucoup de sens. Bien que l’économie se soit complètement effondrée dans le futur lointain où prend place le titre, la vaste majorité de la population a cédé aux sirènes de « l’intégration », un procédé qui ne peut être que très coûteux, et qui consiste à transplanter son cerveau dans un corps mécanique dans le but d’échapper à la famine et aux pandémies. Seule à posséder cette technologie, la vilaine corporation Sang Froid domine maintenant le globe. On y incarne Romer Shoal, un androïde menant la rébellion et qui, pour une raison qui m’échappe, porte un pantalon et un blouson de cuir. Avec son groupe, il rêve de revenir au bon vieux temps, mais comment redonner son humanité à une planète dont la plupart des habitants ont été transformés en machines pensantes?

Si j’apprécie les jeux de stratégie, je dois avouer n’avoir jamais été très friand des FPS dits « tactiques », qui exigent que, dans le feu de l’action, on donne des ordres à ses troupes. À mon avis, cette mécanique vient briser l’adrénaline que procure habituellement un shooter, et Disintegration est l’un des pires exemples du genre. D’emblée, le titre nous met aux commandes d’un « Gravcycle », une sorte de moto futuriste qui ne vole pas vraiment mais peut léviter à une certaine distance au-dessus du sol, et bien que les contrôles soient intuitifs, on a davantage l’impression d’être un robot massif qu’un pilote. Le mouvement y est donc lent, et beaucoup moins fluide que dans la moyenne des jeux de tir à la première personne.

Image tirée du jeu

On contrôle jusqu’à quatre androïdes dans Disintegration, et il faut constamment leur donner des ordres afin qu’ils priorisent un ennemi plutôt qu’un autre, ou interagissent avec un appareil crucial. Chacun possède des habiletés distinctes (secousse sismique au sol, création d’un dôme à l’intérieur duquel les ennemis se voient ralentis, etc.), mais comme c’est trop souvent le cas dans ce genre d’expérience, l’intelligence artificielle qui, en principe, est là pour nous aider, n’est pas d’un très grand secours. On fait donc beaucoup de « babysitting », ce qui est assez irritant dans le cadre d’un FPS. Lorsqu’un des androïdes tombe au combat par exemple, on dispose de trente secondes pour récupérer sa carcasse, sinon, la mission échoue.

Les débris amassés en cours de route permettent de monter de niveau et d’améliorer les habiletés de chacun de nos androïdes (endurance, dommage, vitesse de régénération, etc.), et en discutant avec les différents membres de sa base, on obtient des défis optionnels, qui décernent davantage de points d’expérience lorsqu’on les complète. Étonnamment, Disintegration ne nous laisse jamais choisir les armes dont seront doté notre Gravcycle (qui changent d’un tableau à l’autre sans raison apparente), ni quels soldats mécaniques nous accompagneront, ce qui est un peu stupide. En plus d’un scénario collectionnant les clichés de la science-fiction dystopique, la plupart des missions se limitent à récupérer des pièces mécaniques, ou à sauver des rebelles emprisonnés. Rien de bien emballant.

Image tirée du jeu

Disintegration offre au moins des graphiques dignes d’un titre triple A, où l’usure du métal des androïdes, les textures de cuir, les herbes hautes dans les forêts, les cités futuristes en ruines ou les visages des rares humains qui n’ont pas été « intégrés », sont plutôt réussis. On apprécie que les environnements soient partiellement destructibles, mais pour accommoder le mastodonte que l’on conduit, la plupart des tableaux comptent de larges zones vides. On remarque parfois une baisse drastique du nombre d’images par seconde, et le jeu débarque aussi à l’occasion. C’est assez frustrant de devoir recommencer depuis le début des missions qui durent en moyenne entre 30 et 45 minutes chacune.

On compte trois modes de jeux en ligne dans Disintegration (Zone Control, Collector et Retrieval) et j’aurais aimé vous en parler plus en détail, mais bien que j’aie tenté de me connecter à différentes heures du jour ou du soir, la semaine comme la fin de semaine, les lobbys sur PS4 sont incroyablement déserts, et je n’ai jamais réussi à trouver un seul match. Pas un. J’ignore toutefois si c’est le cas sur les autres plateformes. Ce n’est évidemment pas la faute du développeur, mais habituellement, c’est le genre de problème qui affecte un titre plusieurs mois après sa sortie, pas dans la semaine suivant son lancement. Si vous achetez le jeu pour son expérience en ligne, il vaut donc mieux emmener ses amis.

Il est indéniable que les développeurs chez V1 Interactive ont déployé beaucoup d’efforts pour tenter de se démarquer de la compétition avec Disintegration, mais ils semblent avoir oublié un ingrédient vital, soit le plaisir, et dans l’ensemble, il s’agit d’une expérience peu gratifiante, qu’il est difficile de recommander.

5.5/10

Disintegration

Développeur : V1 Interactive

Éditeur : Private Division

Plateformes : PS4, Windows et Xbox One (testé sur PS4)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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