Command and Conquer: Remastered et le plaisir de la nostalgie

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Oui. Tout simplement oui. Un quart de siècle après la sortie originale du tout premier Command and Conquer, EA et Petroglyph dévoilent la version remasterisée de la plus qu’iconique série de titres de stratégie en temps réel. Un pur plaisir, une collection parfaite… si ce n’est du fait qu’elle fait ressortir les défauts présents à l’époque.

Les jeux n’ont plus besoin de présentation: il suffit de savoir que Command and Conquer et Red Alert, deux titres développés par le fort regretté Westwood Studios, ont révolutionné le monde du jeu vidéo, et pas seulement la niche de la stratégie en temps réel. Bien sûr, il y avait d’autres titres qui étaient sortis auparavant, notamment le précurseur Dune II, d’ailleurs développé par Westwood, mais aussi Warcraft, de Blizzard Entertainment, sorti en 1994 et qui donnera lui aussi naissance à une dynastie vidéoludique encore bien présente, de nos jours.

Ce que Command and Conquer mettait de l’avant, cependant, c’était nos seulement la fluidité de ses mécaniques (pour l’époque), mais aussi la facilité de sa prise en main, entre autres facteurs. Impossible d’oublier, notamment, la première mission dans le camp des « gentils », le GDI (Global Defense Initiative), où l’officier chargé de notre briefing, un acteur filmé en Full Motion Video, annonce carrément: « Je sais que vous voulez plus d’informations, mais il s’agit d’une urgence. Bonne chance! », avant que la mission ne débute. Pas de tutoriel, du moins, pas avec une voix endormante qui explique comment faire pivoter la caméra ou sélectionner des unités.

Impossible, non plus, de ne pas justement parler de ces acteurs humains. La Full Motion Video vivait ses heures de gloire, et tous les personnages tentent de donner le meilleur d’eux-mêmes, notamment Kane, le chef des « méchants », dont le côté caricatural a fait de lui une légende dans la série, voire même dans le domaine du jeu vidéo en général.

Et la musique… comment ne pas évoquer la musique? Un mélange de rock, d’industriel et de musique électro et techno tout droit sorti des 90’s qui a largement mérité sa place au panthéon des meilleures bandes sonores de jeux.

Tout de suite après le succès de Command and Conquer, Westwood réussissait un autre sans faute avec Red Alert. L’engin graphique était le même, oui, mais cette fois, plutôt que de voir deux organisations internationales s’affronter pour le contrôle d’une mystérieuse ressource spatiale, les alliés et les Soviétiques se livraient une guerre sans merci en Europe après qu’Einstein eut remonté le temps pour aller tuer Hitler. Rien de moins.

Là aussi, Westwood avait créé une pièce d’anthologie, avec un jeu potentiellement même meilleur que son prédécesseur. Et si les deux séries ont continué de progresser en parallèle, notamment avec les très bons Tiberian Sun et Red Alert 2, EA a lentement semblé laisser mourir la franchise, transformant en profondeur les mécaniques et semblant retirer toute la substantielle moelle de ce double univers. Westwood Studios a d’ailleurs cessé d’exister, victime du cannibalisme sans fin d’EA.

Disparaître pour mieux revenir

Avec tout cela, la série Command and Conquer a en partie disparu de la circulation, du moins les premiers titres. Il y a bien eu un coffret de collection rassemblant notamment les jeux originaux, ainsi que leurs suites, voire même l’ambitieux, mais insuffisant, Renegade, mais il s’agissait simplement de programmes adaptés pour fonctionner sur Windows XP… et encore!

Voilà donc que Petroglyph, qui a notamment créé le très intéressant Star Wars: Empire at War et Grey Goo, deux jeux de stratégie en temps réel, dévoile l’incroyable surprise de Command and Conquer: Remastered. La communauté de fans de la première heure a été largement consultée, on a fait appel au compositeur original de la musique… Le résultat? Une superbe adaptation, ou plutôt une remise à neuf de Command Conquer et de Red Alert, avec la possibilité de passer, en appuyant simplement sur la barre d’espacement, de la version originale des visuels, avec tous leurs pixels flous, à la version modernisée aux unités, bâtiments et éléments de décor clairement définis.

La musique a elle aussi été remasterisée, et est entièrement incluse avec le jeu, notamment les pièces bonus des jeux originaux et certaines versions jamais sorties.

Mieux encore, toutes les missions comprises dans les deux jeux originaux, mais aussi dans les expansions et les déclinaisons sur console, sont accessibles, pour un total d’une centaine de missions disponibles. Sans oublier, évidemment, la possibilité de jouer une escarmouche contre l’ordinateur, ou même de jouer en ligne. Adieu la configuration d’un modem téléphonique ou l’ouverture de ports réseaux, le multijoueur a été modernisé, au grand plaisir de tous.

Pour moins de 30$, Command and Conquer: Remastered est la preuve qu’EA peut certainement agir pour le bien d’une communauté de joueurs, et sait surtout tendre l’oreille et écouter les demandes des passionnés.

Le seul accroc, en fait, de ces jeux, est le fait que dans un souci de recréer l’expérience des années 1990 le plus fidèlement possible, les développeurs ont laissé les aspects moins agréables de l’interface et de l’intelligence artificielle. Impossible, par exemple, de demander à des unités de se déplacer et d’attaquer les ennemis qui se trouvent sur son passage en même temps. Ou encore de déterminer que les soldats formés dans un baraquement iront se poster automatiquement à un endroit déterminé par le joueur.

Il faut alors se demander si revivre la nostalgie d’une époque totalement différente, mais avec les technologies d’aujourd’hui, et en affichant les deux jeux iconiques en une résolution allant jusqu’à 4K, vaut la peine d’endurer ces petits irritants. Et la réponse est oui. Tout simplement oui.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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