Day of Infamy, la modification qui est devenue grande

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Hugo Prévost

On croyait l’époque des jeux de tir à la sauce Deuxième Guerre mondiale bel et bien enterrée, tuée à petit feu par une série de titres ordinaires ou carrément mauvais, et ensevelie sous une pléthore de shooters modernes, eux aussi trop souvent ordinaires ou mauvais. 

Mais voilà que Day of Infamy, du développeur New World Interactive, vient tout chambouler. Finis les lasers et les vaisseaux spatiaux de Call of Duty: Infinite Warfare, revoici la belle époque des fusils à un coup, de l’Europe à feu et à sang et du conflit mondial entre les Alliés et les puissances de l’Axe.

En fait, Day of Infamy a débuté son existence sous la forme d’une modification pour Insurgency, un autre jeu de tir tactique développé par New World Interactive. Si son prédécesseur se déroulait dans un contexte moderne, avec des affrontements entre terroristes et forces occidentales, Day of Infamy revient à ce qu’il convient sans doute d’appeler les racines du genre. Les armes, les uniformes, les champs de bataille de l’époque… On se croirait ramenés à l’époque des premiers Call of Duty ou Medal of Honor, les scénarios alambiqués et les véhicules se contrôlant un peu n’importe comment en moins. Après tout, le jeu est le frère (ou le clone?) d’Insurgency, dont la force résidait dans sa capacité à faire oublier les grandes charges à la baïonnette des titres plus populaires pour se concentrer afin d’offrir une expérience plus complexe, mais au final plus satisfaisante.

En regardant Day of Infamy, puis en replongeant dans l’évaluation qui avait été faite d’Insurgency au printemps dernier, force est d’admettre que le premier passe pour une copie du second. On a bien changé le côté visuel, probablement développé davantage les modes de jeu et ajouté des lignes de dialogue, le concept fondamental demeure le même. Et comme avec Insurgency, les joueurs utilisent peu ou pas ces systèmes plus complexes de gestion de l’équipement ou le clavardage vocal pour coordonner leurs mouvements. On est une ou deux coches au-dessus des combats plus terre-à-terre de Counter-Strike ou d’Overwatch (tant qu’à parler de jeux de tirs qui attirent les foules), mais l’intérêt ne semble pas être au rendez-vous. Oui, il est injuste de comparer le deuxième effort d’un petit studio aux grands succès de deux des plus importants développeurs de l’industrie, mais pour réussir dans ce marché, il ne suffit justement pas de jouer selon les règles.

Pour les amateurs de la Deuxième Guerre mondiale qui recherchent une expérience un peu plus riche, Day of Infamy saura convaincre. Mais après six mois en accès anticipé (le jeu vient d’entrer en phase bêta), plusieurs aspérités doivent encore être aplanies pour en faire un titre plus accrocheur. Il va donc de soi de recommander d’attendre avant de débourser les 22 $ exigés sur Steam.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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