Insurgency, un solide nouveau joueur

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Hugo Prévost

Au loin, on peut entendre des coups de feu, et même parfois des cris ou le bruit d’une explosion. Tout près, pourtant, règne un silence de mort. Arme au poing, le soldat tourne lentement le coin d’une pièce… et reçoit une décharge en pleine figure. Dans Insurgency, le hasard ne pardonne pas, au plus grand plaisir des puristes.

Premier titre du studio New World Interactive, Insurgency est un jeu de tir à la première personne (FPS) tactique tentant de s’établir à mi-chemin entre deux grands noms du genre, soit Counter-Strike et Arma. L’idée est certainement ambitieuse, mais avec un mélange de beauté visuelle, de complexité scénaristique et d’un grand nombre de cartes et de modes multijoueurs, le jeu trouvera – a déjà trouvé, en fait – sa niche.

Counter-Strike et Arma, donc. Le premier est depuis longtemps l’apanage du FPS rapide, efficace, maîtrisé par des joueurs aux réflexes d’acier. Le titre de Valve, sous ses diverses déclinaisons, s’est taillé une réputation plus qu’enviable dans le domaine des jeux numériques (les esports). Les champions du monde y consacrent bon nombre d’heures de pratique par semaine, histoire de remporter les diverses compétitions.

Le second s’adresse à un autre genre de puristes; ceux qui n’ont pas peur de consacrer jusqu’à une heure pour une partie, plutôt que quelques minutes seulement pour une ronde de CS:GOArma et sa plus récente déclinaison, la 3e, se targue aussi d’être plus réaliste que le FPS moyen, y compris en offrant plus d’options de personnalisation et de spécialisation. CS:GO mise plutôt sur une boutique où les joueurs peuvent acheter ce que bon leur semble… du moment que l’argent est au rendez-vous.

Entre les deux, Insurgency saupoudre des bonnes idées empruntées à ses deux rivaux: les parties ne durent souvent que quelques minutes, ou tout au plus moins d’une demi-heure, mais la structure du jeu est ainsi faite que les participants doivent normalement fonctionner en équipe, chacun occupant un rôle précis. Ces rôles s’accompagnent d’un choix limité d’armes pour chacun, toutes les armes et l’équipement emporté pouvant alors être modifiés en fonction des « points d’aptitude » obtenus en début de partie. Viseur nocturne, grenades supplémentaires, stabilisateur… les options sont nombreuses, mais les possibilités sont réduites, forçant une prise de décision parfois cruciale.

Avec les 16 cartes offertes pour l’instant dans le jeu, Insurgency permet également une rotation suffisamment variée pour éviter que les mêmes trois ou quatre cartes reviennent constamment, créant à la longue un sentiment de répétition, et surtout d’ennui. La possibilité de jouer à différents modes (conquête, deathmatch, coopération contre l’ordinateur) ajoute aussi son lot de piquant.

Mais malgré toute la bonne volonté du monde, Insurgency peine à se démarquer. Cela ne fait que peu de temps que le jeu est disponible, certes, mais sortir de l’ombre de ses deux rivaux, et surtout se distinguer de CS:GO sera particulièrement complexe et long. Déjà, les joueurs traitent justement Insurgency comme un clone de Counter-Strike: au lieu de s’adonner à un jeu véritablement tactique en utilisant le service de discussion vocale pour établir des stratégies et d’utiliser à bon escient les avantages et inconvénients de chaque classe de personnage, il s’agit plutôt d’une mêlée générale où l’aspect tactique est relégué à l’arrière-plan au profit d’une foire d’empoigne où les balles sifflent en tous sens. Le mode coopératif est légèrement mieux, mais encore une fois, la stratégie principale semble être chacun pour soi. Espérons que la situation est meilleure sur des serveurs privés, entre amis.

Il faut toutefois se rendre à l’évidence: Insurgency sonne plus complet que Counter-Strike. On y erre moins en craignant que l’adversaire exploite les particularités au millimètre près des cartes pour faire un carton, ou d’être humilié en un instant par un maître de la gâchette qui joue au titre de Valve depuis la première version. Et pour ceux qui n’ont pas envie de s’installer à long terme devant leur ordinateur pour une mission dans Arma III, mais plutôt de s’amuser pendant 15, voire 20 minutes, le choix est simple.

Mais est-ce suffisant pour se tailler sa place au soleil? Seul le temps le dira. Reste à voir, aussi, si les développeurs pourront offrir qui de nouvelles cartes, voire encore de nouveaux modes de jeux pour attirer davantage de joueurs.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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