L’humour de polyvalente de Night School

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Réunissant l’humoriste Kevin Hart et l’actrice Tiffany Haddish, Night School est une comédie sur le décrochage scolaire et l’éducation aux adultes qui, en dépit de tous ses efforts, obtient, de justesse, la note de passage.

Teddy Walker n’a jamais été doué pour les études, et il a abandonné ses cours en 2001 avant même d’avoir terminé son secondaire. Dix-sept ans plus tard, les affaires ne vont pas si mal pour ce gradué de « l’école de la vie », qui conduit une Porsche et fréquente une femme beaucoup plus à l’aise que lui financièrement, mais lorsque Teddy perd son emploi après avoir fait exploser la boutique de BBQ où il travaille en voulant créer une atmosphère romantique pour demander sa fiancée en mariage, il découvre qu’il n’est pas évident de se replacer quand on est décrocheur scolaire, et dans le but d’être embauché comme analyste financier dans la firme d’un de ses amis, il s’enrôlera à la Piedmont High School, la même polyvalente qu’il fréquentait adolescent, dans l’espoir d’enfin décrocher son diplôme.

La pochette du boîtier

Mieux développée, la prémisse de Night School aurait pu être porteuse. Malheureusement, bien qu’elle vante les vertus de l’effort, d’une bonne éducation, et effleure du bout des lèvres les conditions précaires des enseignants, cette comédie repose sur un scénario prévisible rempli de lieux communs, un exploit quand on considère que pas moins de six auteurs sont crédités au générique. Le film ne semble pas savoir à qui il s’adresse non plus, et tout en s’axant sur l’éducation aux adultes, son humour est foncièrement adolescent, avec des blagues de flatulence, de vomi, de masturbation, de sodomie, et j’en passe. Dans une scène par exemple, Teddy s’arrachera des poils pubiens et les déposera sur son gâteau afin d’éviter de payer la facture au restaurant.

Kevin Hart est un comedian comme disent nos voisins du Sud, plus proche de l’humoriste que de l’acteur. Il livre ses blagues sur un ton naturel devant la caméra, mais ne joue pas vraiment, et sa performance est essentiellement la même que dans n’importe quel de ses films. Reprenant le stéréotype de la femme noire bruyante, Tiffany Haddish s’avère très attachante dans le rôle de l’enseignante. Les meilleurs moments surviennent dans la salle de classe, grâce à l’interaction entre les élèves bigarrés, dont un grand dadais (Rob Riggle), une mère de famille névrosée (Mary Linn Rajskub), un amateur des théories de complot (Romany Malco), un Mexicain rêvant de devenir hygiéniste dentaire (Al Madrigal), et un détenu suivant les cours par vidéoconférence (Fat Joe). La distribution compte également la participation de Megalyn Echikunwoke, de Taran Killam, et du vétéran Keith David.

Image tirée du film

Proche du sitcom, la réalisation de Malcom D. Lee (Girl’s Trip, Undercover Brother) est utilitaire, et sans beaucoup de personnalité. La seule et unique fantaisie visuelle du long-métrage consiste à animer les phrases, les équations et les diagrammes devant le visage de Teddy pour illustrer à quel point les leçons académiques constituent du charabia pour une personne souffrant de troubles d’apprentissage. Le réalisateur s’offre un clin d’œil au classique de série B The Principal, avec son directeur d’école imposant la discipline à l’aide d’une batte de baseball (ce qui sera évidemment l’occasion pour insérer quelques blagues de pénis), et étrangement, dans les flashbacks, les figurants engagés pour incarner des élèves du secondaire ont tous l’air d’être dans la trentaine, ce qui donne une allure un peu incongrue à ces scènes se déroulant dix-sept ans plus tôt.

Le film est disponible en édition Combo Pack, incluant la version théâtrale et la version allongée (comptant cinq minutes de plus) de Night School sur Blu-ray, DVD, ainsi qu’une version numérique. Une foule de matériel supplémentaire agrémente l’édition, dont une piste de commentaires de Malcom D. Lee, une ouverture alternative, six scènes retirées du montage, un « gag reel », une fausse publicité pour la rôtisserie religieuse Christian Chicken, et une série de revuettes où le réalisateur, les comédiens principaux et les producteurs explorent les coulisses de la production.

Night School fait bien rire à quelques reprises sur ses 111 minutes de visionnement, mais à moins d’être un fan fini de Kevin Hart ou d’humour potache, il y a peu de raisons de se taper cette comédie, plus puérile que drôle.

5.5/10

Night School

Réalisation : Malcom D. Lee

Scénario : Kevin Hart, Harry Ratchford, Joey Wells, Matthew Kellard, Nicholas Stoller et John Hamburg

Avec : Kevin Hart, Tiffany Haddish, Rob Riggle, Romany Malco, Taran Killam, Al Madrigal et Megalyn Echikunwoke

Durée : 111 minutes (116 minutes pour la version allongée)

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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