Il semblerait qu’au Japon, Uketsu, qui est à la fois écrivain, compositeur de musique, dessinateur et vidéaste, entre autres talents, soit l’une des principales voix de la nouvelle vague de romans policiers, romans auxquels il n’hésite pas à ajouter une dose d’horreur. Force est d’admettre, cependant, que malgré quelques idées intéressantes, ce Strange Pictures est d’une banalité affligeante.
Présentées, au début du moins, comme des affaires séparées, les différentes parties de ce roman ont toutes la particularité de largement présenter leurs indices sous forme de dessins, schémas et autres graphiques servant de preuves, ou encore de documents explicatifs pour que nos protagonistes (et les lecteurs) puissent finir par comprendre ce qui se passe.
Tout cela commence avec un blogue étrange, où l’auteur évoque sa conjointe morte en couches, conjointe qui avait auparavant offert plusieurs dessins qui, pris séparément, étaient largement inoffensifs. Mais combinés, c’est une autre histoire…
De là, on tombe dans une sordide histoire de meurtre, suivie de tentatives pour que l’assassin échappe à la justice, et autres démarches pour faire la lumière sur cette sombre affaire.
Et à l’instar des livres-jeu de notre jeunesse, on pourrait se réjouir de l’utilisation du dessin pour renforcer le côté concret d’une enquête policière.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Sauf que… sauf que, hé bien, l’histoire entière repose sur une logique complètement absurde. Ainsi, nous avons une femme enceinte qui craint que sa belle-mère, qui officie aussi comme infirmière chargée de suivre sa grossesse, tente de la tuer. Et plutôt que d’avertir les autorités, ou à tout le moins d’en parler à son mari, ou simplement à changer d’infirmière, elle décide plutôt de produire des dessins qui présentent la sinistre machination, mais seulement en les combinant d’une certaine façon.
Nous avons aussi ce professeur mystérieusement assassiné au haut d’une montagne, et dont le meurtrier, désireux de tromper les forces de l’ordre, force la victime à avaler de la nourriture tout juste avant d’en finir avec elle, figeant du même coup le processus digestif et faisant croire que le mort a été tué à une certaine heure, alors que la vérité est tout autre.
Qu’est-ce que c’est que ce Japon où les gens refusent de signaler qu’ils craignent pour leur vie – et préfèrent produire des dessins dont le sens ne sera révélé que bien longtemps après leur mort –, et où un banal meurtrier, qui assassine pour une bête histoire d’amour, a la vivacité d’esprit de chercher à tromper les enquêteurs à propos de l’heure du décès?
On aurait pu jeter le corps en bas de la montagne, ou encore le cacher, mais non, on a profité du fait que la victime mangeait toujours la même chose (!) pour lui faire avaler son souper de force à la mauvaise heure.
Bref, le média français Le Soir nous parlait de «frissons assurés»; nous sommes plutôt devant l’incompréhension et l’ennui. Uketsu est peut-être très populaire dans son pays d’origine, mais il est clair que les conventions littéraires ne se transposent pas toutes bien entre les continents… À éviter.
Pour trouver les autres épisodes, cliquez ici.
Retrouvez-nous Transistor. Nous sommes aussi sur Spotify et Apple Podcasts.
Suivez-nous sur Facebook et sur Instagram





