Ceux qui apprécient la violence débridée et du gore à la tonne trouveront leur compte avec Evil Dead Burn, le sixième volet de la franchise maintenant disponible en 4K, Blu-ray et DVD, mais si vous préférez les films d’horreur misant sur l’atmosphère et le développement des personnages, ce long-métrage risque de vous décevoir.
Dans le grenier de la maison familiale, Joseph Price trouve les notes et les enregistrements de son défunt grand-père Benjamin, un membre du Cercle des Sages, une organisation secrète d’archéologues, de scientifiques et de chercheurs dédiée à l’étude des forces surnaturelles. Son aïeul y dévoile l’emplacement secret de la dague kandarienne, la seule arme sur Terre capable de détruire les démons. Au moment même où Joseph sort l’artéfact de sa cachette, son frère, Will, prend la route ivre et en colère après une violente dispute avec son épouse Alice. Il percute une femme possédée avec sa voiture, et meurt dans l’incendie de son véhicule. Alors qu’ils sont réunis pour les funérailles, une force démoniaque, bien déterminée à mettre la main sur la dague, prendra le contrôle des membres de la famille Price un par un, laissant dans son sillage un carnage d’une violence inouïe.

Réalisé par Sébastien Vanicek, un cinéaste s’étant taillé une solide réputation dans le monde de l’horreur avec son film Vermines, Evil Dead Burn est beaucoup moins réussi que le Evil Dead Rise de Lee Cronin. Bien que le réalisateur cherche à rendre la violence inconfortable pour le spectateur, la faiblesse principale de l’œuvre vient de son histoire, qui constitue une allégorie soulignée à grands traits sur la masculinité toxique se transmettant de père en fils et la violence conjugale. Le développement des personnages est extrêmement inégal. Quelques-uns, comme Alice, sont plus étoffés, mais on ne peut pas en dire autant des autres. C’est comme si les scénaristes s’étaient dit que ça ne valait pas la peine de leur donner une personnalité, puisqu’ils ne servent ultimement que de chair à canon. Le résultat est que l’on se fout un peu de leur sort, et leur mort, aussi brutale soit-elle, n’a jamais aucune véritable portée émotive.

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Privilégiant les effets pratiques, les maquillages de Evil Dead Burn sont bien réussis et les morts font preuve d’autant d’originalité que de sauvagerie. Le réalisateur reprend la caméra au ras du sol s’approchant à toute vitesse de sa cible, une figure de style établie par le tout premier Evil Dead, mais à force de multiplier les blessures spectaculaires, le film rend sa violence prévisible, et l’on ne se demande plus ce qui va arriver aux personnages, mais jusqu’où les créateurs vont pousser la prochaine séquence. La meilleure performance vient de Souheila Yacoub (Alice), dont l’interprétation repose largement sur la retenue. Son visage, ses silences et ses réactions traduisent un mélange de méfiance, de fatigue et de détermination. Les autres acteurs de la distribution, comme Hunter Doohan (Joseph), Tandi Wright (Susan) ou Errol Shand (Edgar) font du mieux qu’ils peuvent avec des personnages foncièrement unidimensionnels.

L’édition ultra-haute définition de Evil Dead Burn inclut le film sur un disque 4K, un code donnant accès à une copie numérique, ainsi qu’une quinzaine de minutes de matériel supplémentaire réparti en trois revuettes. Le réalisateur parle de son amour pour les films d’horreur en général et la franchise Evil Dead en particulier dans la première, tandis que le producteur Rob Tapert explique la décision de choisir un nouveau cinéaste à chaque opus. La seconde revuette dissèque la longue scène de bataille de deux minutes à travers la maison filmée en un seul plan-séquence, et la dernière s’attarde aux cascades, aux effets spéciaux, au contrôle du feu sur le plateau de tournage et aux maquillages et prothèses donnant un air si terrifiant aux humains possédés par le démon dans le long-métrage.
Je voulais vraiment aimer Evil Dead Burn, mais en dépit de ses scènes de mise à mort faisant souvent preuve d’une belle inventivité, le film impressionne davantage par sa brutalité que par la profondeur de son récit, et au final, il s’agit malheureusement du moins bon volet de cette prolifique franchise d’horreur.
6/10
Evil Dead Burn
Réalisation: Sébastien Vanicek
Scénario: Sébastien Vanicek et Florent Bernard
Avec: Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Errol Shand, Maude Davey et George Pullar
Durée: 110 minutes
Format : UHD (4K et copie numérique)
Langue : Anglais, français et espagnol





