Les routes du Québec n’ont jamais compté autant de cyclistes depuis au moins 30 ans; c’est là l’un des constats du plus récent bilan annuel de l’organisme Vélo Québec, via son Observatoire du vélo.
Dans le document publié cette semaine, on y indique ainsi que 4,54 millions de résidents du Québec enfourchent leur monture, ne serait-ce qu’à l’occasion. Dans ce nombre, on compte 1,13 million d’enfants, ainsi que 3,41 millions d’adultes, soit un peu plus de la moitié des Québécois de 18 ans et plus.
Mais pratiquer le vélo ne veut pas dire que chacun est un adepte aguerri qui circule partout, en tout temps, même l’hiver; en fait, selon l’étude menée par l’Observatoire du vélo, à peine 3% des Québécois sont des mordus jusqu’au bout des ongles. Une partie importante de la population (38%) va plutôt choisir de rouler sur deux roues, certes, mais moins deux fois par semaine.
L’organisme soutient par ailleurs qu’il existe encore un vaste potentiel de développement du nombre de cyclistes: quelque 19% de la population envisage déjà de s’y remettre, alors que 13% des répondants sont ouverts à l’idée d’utiliser le vélo si les conditions en vigueur – sécurité routière, aménagement des infrastructures, etc. – sont améliorées.
Un autre 6% serait lui aussi prêt à enfourcher une bécane… à condition qu’on leur montre à pédaler.
Sans surprise, on compte davantage de cyclistes l’été (60% des utilisateurs de la bicyclette) que lors des autres saisons de l’année.
Et contrairement, peut-être, à certaines idées reçues, les cyclistes ne sont largement pas des puristes des transports actifs; en 2025, 93% d’entre eux possédaient aussi un permis de conduire, 87% avaient une auto, et 68% se servaient d’ailleurs de leur voiture plus souvent que de leur vélo.
Le vélo serait donc un outil de mobilité parmi tant d’autres, plutôt qu’une façon unique de se rendre d’un point A à un point B.

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Toujours une disparité entre les sexes
Et cet outil de mobilité n’est toujours pas adopté à parts égales chez les hommes, comme chez les femmes: quelque 63% des hommes seraient ainsi des cyclistes, mais seulement ce ne serait aussi le cas que pour 42% des femmes.
Cette disparité s’expliquerait entre autres, écrivent les spécialistes de Vélo Québec, par les infrastuctures de transport déficientes, où une bonne partie des femmes (mais aussi une certaine proportion d’hommes) ne se sentiraient pas en sécurité.
Cet aspect de la réalité des cyclistes avait d’ailleurs déjà été signalé plus tôt, ce printemps, lors d’une autre annonce de Vélo Québec.
Montréal, ville vélo
On compte toutefois de très bonnes nouvelles pour les cyclistes dans la métropole, même avec l’arrivée d’une nouvelle administration municipale.
Ainsi, 1,185 million de personnes auraient pédalé, à Montréal, l’an dernier; cela représenterait entre autres 58% des adultes vivant dans la métropole. Et tous ces adeptes de la Petite Reine seraient particulièrement nombreux à utiliser le vélo comme mode de transport (78%), plutôt que simplement comme véhicule de promenade.
Cette popularité du vélo en ville serait notamment attribuable à la popularité de BIXI, le service de vélopartage, alors qu’on a recensé, l’an dernier, pas moins de 14 millions de déplacements effectués avec les célèbres engins de l’entreprise, l’équivalent d’une croissance de 400% en 10 ans.
En plus de ce succès, le réseau cyclable de l’île a poursuivi son développement, avec une croissance de 85% des pistes cyclables comme telles depuis 2020, pour un total de 530 km, indique-t-on encore dans le rapport.
L’enquête de Vélo Québec s’appuie sur les avis de près de 4500 Québécois, dont 900 Montréalais.





