Le système d’aide communautaire craque de partout, d’un océan à l’autre. Selon un nouveau rapport de l’organisation Deuxième Récolte, qui s’appuie sur une enquête menée auprès de 1610 organisations à but non lucratif de partout au pays, les besoins sont toujours plus criants. Et les moyens, eux, fondent à vue d’oeil.
La statistique donne froid dans le dos: 90% des organisations ayant participé à ce grand coup de sonde ont fait état d’une augmentation de la demande en aide alimentaire, dans un contexte de crise du logement; d’inflation alimentée par l’insécurité mondiale, les tarifs douaniers américains et la guerre en Iran, entre autres événements majeurs, et d’une inflation toujours plus élevée que la croissance des salaires.
Pire encore, non seulement le tiers des organismes d’aide ont dû mettre en place des files d’attente, faute de pouvoir répondre aux besoins de tous simultanément, mais une proportion similaire a dû refuser des demandes, en raison d’un manque de ressources.
Conséquence: la quasi totalité de ces organisations ont reconnu avoir envisagé de réduire leurs programmes, voire de mettre la clé sous la porte.
Il faut dire, comme le mentionne l’enquête, qu’environ la moitié des organismes sondés n’ont pas recours aux réseaux fédéraux, provinciaux ou encore régionaux de banques alimentaires, et disent plutôt « s’inscrire dans un vaste écosystème d’organismes communautaires qui aident les personnes à accéder à l’alimentation ainsi qu’à d’autres services essentiels, tels que le logement, la santé et l’éducation ».
Dans l’ensemble du pays, précise Deuxième Récolte par voie de communiqué, « on compte quatre fois plus d’organismes caritatifs distribuant de la nourriture que de magasins d’alimentation ».
D’ailleurs, environ le tiers des denrées alimentaires distribuées par ces organisations caritatives proviendraient de Deuxième Récolte, qui récupère des invendus auprès des supermarchés, mais aussi des grossistes, des distributeurs et des agriculteurs pour réduire le gaspillage alimentaire.

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Une faim croissante, y compris au Québec
Le Québec n’échappe d’ailleurs pas à l’augmentation des besoins en matière d’aide alimentaire: le plus récent Bilan-Faim, publié chaque automne par les Banques alimentaires du Québec, révélait l’an dernier que chaque mois, le réseau répondait à 3,1 millions de demandes, en augmentation de 6% par rapport à 2024.
On peut imaginer que ce nombre sera encore plus important, cette année, en raison de l’impact des tarifs américains et du blocage du détroit d’Hormuz, par où transite non seulement une bonne partie du carburant utilisé par l’industrie alimentaire, pour produire mais aussi transporter les denrées, mais aussi les engrais nécessaires à la production des aliments, notamment en Amérique du Nord.





