L’utilisation du vélo comme moyen de transport utilitaire continue de connaître une forte croissance, au Québec; selon le plus récent bilan en la matière, pas moins de 2,7 millions de Québécois auraient utilisé leur bicyclette pour aller travailler, faire des courses, ou pour d’autres activités similaires, l’an dernier.
Au dire de Vélo Québec, qui a publié ces informations, jeudi, cette popularité de la Petite Reine a été plus que multipliée par trois depuis 1995. La tendance serait particulièrement forte à Montréal et à Québec, où la part modale du vélo a augmenté « de plus de 50% au cours des cinq dernières années », mentionne-t-on par voie de communiqué.
L’une des raisons de cette augmentation? De l’avis de Vélo Québec, c’est en développant les infrastructures cyclables que les municipalités favorisent l’utilisation de ce mode de transport. « Le Québec compte aujourd’hui 11 550 km de voies cyclables (soit cinq fois plus qu’en 1995), dont 4900 km d’infrastructures séparées de la circulation motorisée (une multiplication par 3,5 depuis 1995) », indique-t-on.
« Les données sont sans équivoque: les infrastructures influencent directement l’usage. Lorsqu’on aménage des réseaux sécuritaires, continus et adaptés, on observe une hausse de la pratique. L’infrastructure est le levier le plus direct pour agir sur la mobilité », souligne Stéphane Blais, directeur de l’expertise et de la recherche chez Vélo Québec, toujours par voie de communiqué.
Et la construction de corridors spécialement dédiés au vélo, comme le Réseau express vélo, à Montréal, ainsi que les Corridors VivaCité, à Québec, aurait aussi joué un rôle important dans la consécration du vélo comme méthode pour se déplacer d’un point A à un point B de façon directe, bien souvent sur les mêmes artères où circulent les automobiles et autres véhicules, tout en assurant la sécurité des cyclistes.

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Un progrès inégal
La question de la sécurité des déplacements demeure toutefois au coeur des préoccupations de bien des gens encore réticents à se déplacer à deux roues: toujours selon le rapport de Vélo Québec, pas moins de 27% des femmes disant ne pas se déplacer à vélo (et 14% des hommes dans une situation similaire) soutiennent que les infrastructures cyclables ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les inciter à délaisser la voiture (ou d’autres modes de transport).
« Sur les routes ou rues à forte circulation automobile, les femmes représentent seulement 34% des cyclistes, alors qu’elles sont 42% sur les pistes cyclables », mentionne le document publié jeudi.
La pratique du vélo est également en perte de vitesse chez les jeunes, souligne Vélo Québec, qui lie ce phénomène à la diminution des activités sportives dans leur ensemble chez les enfants et les adolescents.
Ainsi, entre 1995 et 2025, la proportion des 6 à 17 ans roulant au moins une fois par semaine, en été, est passée de 73% à 56%. De fait, l’an dernier, ce taux est approximativement retombé à sa valeur de 2015 (59%), après un rebond possiblement imputable à la pandémie de COVID-19.
Encore du potentiel
Vélo Québec estime qu’au Québec, et plus particulièrement dans les grandes villes, il existe encore un fort potentiel de croissance pour l’utilisation du vélo comme mode de transport utilitaire.
Selon les spécialistes de l’organisation, « jusqu’à 33% des déplacements motorisés pourraient être effectués à vélo, et jusqu’à 55% avec un vélo cargo à assistance électrique ».
L’utilisation des vélos à propulsion électrique est d’ailleurs en hausse, notamment chez les femmes. Ainsi, « près d’un vélo vendu sur trois est électrique », lit-on dans le rapport. Au Québec, on compterait quelque 629 000 vélos à assistance électrique.
Le service BIXI mutiplie, lui aussi, ce type de vélos. Et l’entreprise offre également, depuis une courte période, la location de remorques pouvant s’attacher aux vélos, qu’ils soient à propulsion traditionnelle ou à assistance électrique.
Pour favoriser l’utilisation du vélo, la solution est claire, dit Vélo Québec: « Le développement de réseaux cyclables structurants et sécuritaires demeure l’intervention la plus directe pour lever les principaux freins à la pratique, notamment le sentiment d’insécurité. »





