On ne compte plus les productions cinématographiques et télévisuelles formant l’empire Marvel, lui-même rattaché au mastodonte Disney – un décompte d’un journaliste du Guardian évoque 38 films et 18 séries télé! Et à travers tout cela, voilà que débarque VisionQuest, suite avouée (mais pas entièrement) de WandaVision, l’une des tentatives les plus ésotériques du vaste univers de superhéros, robots, magiciens et autres héros spatiaux.
Après les événements de WandaVision, donc, où la sorcière Wanda Maximoff, endeuillée après la mort de Vision, un androïde interprété par Paul Bettany, englobe une petite ville du New Jersey avec un champ magique et y crée une fausse réalité évoquant les années 1950, voilà donc Vision, reconstruit (ou ressuscité, on ne sait plus trop) et déménagé en Écosse, qui s’interroge sur sa propre existence, sa mortalité et son identité.
L’idée pourrait fonctionner, ne serait-ce que sur un plan purement intellectuel. D’autant plus que l’on plonge littéralement dans le cerveau de Vision, où l’on constate qu’il contient à son tour une série d’intelligences artificielles, y compris – surprise! – un certain Ultron, méchant principal du film du même nom, et joué ici par un James Spader qui semble survoler l’oeuvre entière.
Et ces interactions sont rendues encore plus intéressantes par le fait que l’esprit de Vision a des allures de vieille maison victorienne, où l’unité centrale est un ensemble de câbles, de poulies et de machines à vapeur, et où les courriels sont représentés par des pigeons. Rien de moins.
L’inconvénient, c’est que Marvel donne toujours l’impression d’en faire trop, mais aussi pas assez, à la fois. Car en plus de ces interrogations personnelles, Vision se retrouvera dans une série de situations qui donneront presque le tournis. Tout d’abord, Vision, un robot, aurait un fils. Mais est-il vraiment son enfant? Comment cela est-il possible?
Vision est aussi pourchassé par un chasseur de primes qui bénéficie un peu trop d’une protection scénaristique à toute épreuve. Le tout pour le compte d’un mystérieux client aux moyens en apparence illimités.
Enfin, il y a cet autre robot, lié à un tout autre aspect du vaste monde de Marvel, qui a lui aussi des velléités sinistres…

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Bref, ça part un peu dans tous les sens. Et ça part dans tous les sens en mélangeant l’ambitieux et le local, si l’on veut, ce qui provoque cette sorte de dissonance cognitive que l’on a déjà retrouvée dans d’autres oeuvres du Marvel Cinematic Universe.
On se permettra aussi de rigoler un peu lorsque Thomas, le supposé fils de Vision, lancera à Ultron que celui-ci a tué près de 200 personnes dans Age of Ultron. Tuer des gens n’est jamais souhaitable, certes, mais quand on sait que les coupes dans l’aide internationale pilotées par Elon Musk ont déjà tué des centaines de milliers de personnes, partout dans le monde, on se demande si Disney devrait encore créer des méchants de pacotille pour jouer les antagonistes.
Bref, ce VisionQuest avait bien commencé, et on aurait certainement pris plus de débats philosophiques entre Bettany et Spader. Hélas, Marvel doit faire du Marvel. Et la roue tourne, et tourne, et tourne…





