Malgré des mécaniques rudimentaires, un scénario superficiel et une durée de vie assez courte, la production indépendante Welcome to Kowloon possède assez de personnalité, et d’ambiance, pour satisfaire les amateurs de jeux d’horreur.
Le lieu est un facteur crucial dans un jeu d’horreur, et Welcome to Kowloon a eu une idée de génie en choisissant de camper son intrigue dans la citadelle de Kowloon située au milieu de la colonie de Hong Kong et qui, avant sa destruction au début des années 1990, comptait 2 millions d’habitants répartis sur 47 kilomètres carré, une architecture complètement anarchique due à sa densité humaine extrême, et une ambiance de pauvreté, d’insalubrité et de criminalité. On y incarne un jeune étudiant à la recherche d’un appartement bon marché qui s’installe dans un immeuble miteux de la ville fortifiée. Les voisins sont étranges, les couloirs semblent cacher des secrets, et le logement devient rapidement une prison dont il faut s’échapper.
La plus grande qualité de Welcome to Kowloon réside dans son ambiance. Dès les premières minutes, le joueur se retrouve enfermé dans un espace oppressant, labyrinthique et cauchemardesque. Les couloirs étroits, les portes rapprochées, les escaliers mal éclairés et les appartements exigus donnent l’impression d’évoluer dans un organisme malade plutôt que dans un simple immeuble. Toutefois, en dehors de cette atmosphère étouffante, le jeu compte très peu de mécaniques. On marche, on court parfois lorsqu’une créature menaçante se lance à nos trousses, et l’on interagit avec de nombreux objets de l’environnement afin de progresser. Il n’y a aucune forme de combat, et les puzzles sont assez simples à résoudre.

Il faut par exemple trouver la clé pour déverrouiller une serrure, une pince monseigneur servant à retirer les planches clouées sur une porte condamnée, la combinaison d’un cadenas cachée à l’arrière d’une série de cadres, ou encore dénicher de l’essence et le levier manquant afin de démarrer une génératrice en panne. Un petit cercle blanc apparaît à l’écran pour indiquer quels objets sont interactifs, mais il est définitivement trop petit. C’est encore pire quand on utilise la lampe de poche, que l’on acquiert un peu plus tard dans le jeu. L’indicateur disparaît alors complètement dans le faisceau lumineux. Il est donc facile de manquer un objet essentiel à sa progression, et de devoir revenir sur ses pas à sa recherche.

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Les visuels de Welcome to Kowloon sont vraiment impressionnants, surtout pour une petite production indépendante ne disposant pas d’un énorme budget. Éclairages lugubres, papillons de nuit tourbillonnant autour des lampes, morceaux de cadavres humains accrochés au plafond, l’ambiance est sinistre à souhait. Les pièces exiguës sont jonchées d’objets, ce qui renforce encore l’impression de claustrophobie, mais à cause de tous ces détritus au sol, on est souvent pris dans le décor quand on se déplace. La bande sonore contribue aussi à l’immersion, et les craquements, les bruits de tuyauterie, les conversations indistinctes et les sons lointains empêchent le joueur de se sentir en sécurité.

La durée de vie de Welcome to Kowloon est un peu décevante. Même en prenant son temps pour explorer méticuleusement chaque recoin, il ne faut pas plus de deux heures pour le terminer. Avec sa progression très linéaire, il n’y a non plus aucune raison de rejouer le titre une seconde fois. Les idées apportées par les développeurs sont intéressantes, mais pas assez développées, et le jeu se conclut précisément au moment où l’on aimerait qu’il commence à approfondir son univers. Au moins, le prix modique demandé pour l’expérience reflète cette mince longueur, et pour les chasseurs de trophée sur la PlayStation, le platine est assez facile à obtenir et à ajouter à sa collection.
Titre imparfait, mais marquant, que l’on joue davantage pour l’atmosphère qu’il installe que pour la richesse de ses mécaniques ou de son scénario, Welcome to Kowloon ne révolutionne pas l’horreur à la première personne, mais propose un cadre suffisamment singulier et oppressant pour laisser une impression durable.
5.5/10
Welcome to Kowloon
Développeur: a1esska, Notex, N4bA, Admia
Éditeur: Axyos Games
Plateformes: PlayStation 5, Windows, Xbox Series S/X (testé sur PS5)





