Les gobelets en carton à usage unique utilisés pour y verser votre café à emporter relâchent des millions de particules de microplastique lorsqu’ils sont exposés à un liquide chaud, révèle une nouvelle étude de l’Université du Queensland.
Les travaux en question, publiés dans ACS Food Science & Technology, s’articulent autour des gobelets comprenant un enduit de polyéthylène sur leur surface intérieure, ou encore la version biodégradable, l’acide polyactique.
Selon le Dr Elvis Okoffo, que l’on se fasse offrir l’une ou l’autre de ces deux versions d’un gobelet jetable, cela n’y change rien: les deux types de contenants relâchent des particules de plastique.
Ce qui change, cependant, c’est que lorsque le gobelet contient l’enduit d’acide polyactique, celui-ci libère 12 fois plus de ces morceaux de plastique minuscules.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Faits en papier, mais…
« Un gobelet presque entièrement fait de papier ne veut pas dire qu’on n’y trouve pas de plastique, puisque plusieurs d’entre eux contiennent une mince couche de plastique qui fourni une résistance contre les liquides et garantit une certaine intégrité structurelle », indique encore le Dr Okoffo.
« Nos résultats démontrent que ces gobelets avec une mince couche de plastique relâchent de grandes quantités de particules plastique à l’échelle du micro et du nanomètre, lorsqu’elles sont exposées à de l’eau chaude. »
Ainsi, les chercheurs auraient mesuré une émission d’environ 2,7 millions de particules par millilitre pour les gobelets avec l’enduit de polyéthylène. Pour l’acide polyactique, on parle plutôt d’environ 4,3 millions de particules par millilitre.
Quels impacts sur la santé?
Toujours selon le Dr Okoffo, cette étude s’ajoute à la liste croissante de recherches indiquant que les produits en plastique utilisés pour y stocker de la nourriture, ou encore pour préparer des aliments, représentent une source importance – mais souvent ignorée – d’exposition aux microplastiques, qui entrent ainsi dans notre corps lorsque nous buvons et mangeons.
« Cela ne veut pas dire que les gens devraient nécessairement cesser d’utiliser des gobelets en papier, ou que les enduits sont dangereux », précise le chercheur.
« Mais on ne connaît pas bien l’impact des particules de plastique sur la santé humaine, et nous savons que les produits chimiques présents dans le plastique ne sont pas bons pour notre consommation. »
De l’avis du Dr Okoffo, « les matériaux utilisés dans des produits entrant en contact avec des aliments doivent être évalués non seulement pour leur impact environnemental, mais aussi parce qu’ils libèrent des microparticules lorsqu’ils sont utilisés ».
Le scientifique appelle les gouvernements à procéder à ces tests, en plus de mieux informer le public à propos de la présence de ces enduits dans des produits domestiques.
« Les fabricants pourraient aussi mettre au point des enduits qui relâchent moins de plastique. »





