Un an après avoir annoncé la fin de la vente de ses produits sur la plateforme Amazon, histoire de « respecter ses valeurs », la compagnie québécoise Sounds Good, qui s’intéresse aux audiophiles d’ici, continue son chemin, en tentant de louvoyer dans un marché mouvementé.
« Les choses vont bien; nous avons eu une belle année », indique d’emblée Yan Poirier, le fondateur de l’entreprise, dans une entrevue accordée à Pieuvre.
« Est-ce que c’est parce que nous avons quitté Amazon? C’est vraiment difficile à dire. Mais chez Tanguay (chez qui Sounds Good vend ses produits, NDLR), ça va vraiment bien depuis que nous sommes là », ajoute-t-il.
« Présentement, et depuis un bon moment, plusieurs de nos produits sont les meilleurs vendeurs, dans la catégorie des articles électroniques audio, chez Tanguay. Nous avons eu de belles ventes, c’est venu compenser le fait d’avoir quitté Amazon. »
De l’avis de M. Poirier, les tensions politiques et économiques avec les États-Unis pourraient aussi avoir poussé des Québécois à vouloir encourager l’économie locale.
Autre aspect positif: si Amazon « représentait de 20 à 25% » de nos ventes, selon ce que confiait Yan Poirier, l’an dernier, ces ventes auraient été « entièrement compensées » depuis, que ce soit via les ventes chez Tanguay ou directement sur le site web de Sounds Good.
« Mais il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu, il est difficile d’identifier la façon dont ce manque à gagner a été comblé », poursuit-il.
Ce que je peux dire, c’est que c’est l’une de nos meilleures années.
-Yan Poirier, fondateur de Sounds Good

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La guerre commerciale, ici et ailleurs
Et si la situation avec le voisin américain peut avoir poussé des consommateurs à demeurer dans le giron des détaillants québécois, l’ajout de tarifs tous azimuts par Donald Trump a-t-il eu une influence sur les prix, chez Sounds Good?
« Pour nous, il n’y a pas de conséquences directes, car les composantes [de nos produits] sont fabriquées en Chine; nous n’exportons pas non plus de produits aux États-Unis », assure M. Poirier.
Cependant, c’est une autre guerre – avec l’Iran – qui a eu un effet à la hausse sur les prix. Puisque le détroit d’Ormuz est encore fermé, après tout, la pression reste forte sur le coût du plastique, mais aussi le carburant des navires transportant les pièces, etc.
« Récemment, presque tous nos fabricants nous ont présenté des augmentations substantielles du prix par unité », indique encore Yan Poirier.
« Pour l’instant, nous gardons les mêmes prix pour nos clients, mais oui, nous devrons peut-être augmenter nos prix, comme les autres détaillants. »
La course aux nouveautés?
De l’avis de M. Poirier, enfin, Sounds Good ne se retrouverait pas dans la même situation que les fabricants de téléphones, qui sont sous forte pression pour sortir fréquemment de nouveaux modèles, quitte à ce que les améliorations proposées soient minimes.
« Nous avons une approche un peu différente; quand, pour certains produits, nous avons déjà le confort, la qualité, je pense que certains modèles que nous offrons, par exemple, sont presque parfaits en matière d’ergonomie », dit-il.
Et une fois que la forme est bien définie et a fait ses preuves, il est possible, avec le temps, de modifier les composantes internes, histoire de les améliorer, ajoute le fondateur de Sounds Good.
Mais pas question de se lancer dans une course à la nouveauté, assure Yan Poirier.
« Ce que nous voudrons aller chercher (du côté des casques d’écoute et des écouteurs sans fil, NDLR), c’est une meilleure connectivité, une meilleure résistance aux interférences… »
Lentement, mais sûrement, donc, pour Sounds Good, qui continue de se positionner dans le marché destiné aux audiophiles qui s’y connaissent un peu certes, mais sans oublier les amateurs de musique qui n’ont pas non plus une fortune à dépenser pour écouter leurs artistes préférés.





