Les marques de commerce des entreprises sont-elles des inventions modernes? Pas du tout, affirment des chercheurs sous la direction de la spécialiste Marta Luciani. Selon eux, il faut remonter à l’Âge du bronze, il y a plusieurs milliers d’années, pour trouver les premières marques, en lien avec la production de poterie.
Ainsi, des fouilles effectuées sur le site de l’oasis de Gurayat, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, révèlent que la poterie à deux couleurs qu’on y fabriquait était si distinctive, attirante et recherchée qu’on peut la considérer comme une « marque ».
L’équipe de chercheurs a analysé plusieurs dizaines de pots en terre cuite provenant de cette oasis; les résultats de ces travaux sont publiés dans PLOS ONE.
« Nos découvertes jettent un nouvel éclairage sur la façon dont, même dans un environnement aride comme une oasis en plein désert, où des ressources essentielles comme la glaise, l’eau et le combustible étaient rares, des communautés locales, à l’Âge du bronze, étaient tout sauf marginales, et faisaient partie de réseaux plus vastes de savoir technologique partagé avec les régions voisines, comme le sud du Levant, et la Syrie », mentionne, par voie de communiqué, la Pre Luciani.

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Comment identifier des marques antiques?
Pour réaliser leur percée, les chercheurs ont dû déterminer les critères nécessaires pour identifier ces marques antiques: une identité visuelle, une constance dans les matériaux utilisés, une continuité technologique, une production centralisée, une circulation des exportations, des imitations dans d’autres communautés, une volonté d’établir des échanges commerciaux, ainsi qu’une réputation culturelle.
« Les implications de nos recherches vont donc au-delà de l’archéologie, et de la relation de longue date entre les humains et les ressources naturelles dans des régions au climat extrême, jusqu’à des domaines tels que les mécanismes économiques affectant les relations entre les producteurs et les consommateurs », indique encore la Pre Luciani.
Dans le cadre de leur étude, les chercheurs sont notamment allés jusqu’à analyser la composition chimique des pots en terre cuite découverts dans l’oasis saoudienne, y compris en descendant jusqu’au niveau des différents éléments présents dans les matériaux.
Pour sa part, Doralice Klainscek, l’une des coautrices des travaux, indique que « les premiers ensembles de poterie peinte provenant de cette oasis ont été fabriqués il y a 3600 ans ».
« L’une de nos plus grandes découvertes a été de constater que la production de poterie peinte s’est poursuivie en ne cessant jamais d’évoluer. »
« Quatre siècles plus tard, il y a 3200 ans, les potiers avaient développé un vaste répertoire d’animaux peints et de rituels humains. Cela est devenu la marque qui a été exportée à des centaines de kilomètres dans toutes les directions » a ajouté la chercheuse, toujours par voie de communiqué.
« La tradition de poterie de Gurayat s’est poursuivie dans l’oasis pendant encore 1000 ans, jusqu’à la fin de l’Âge de fer. »





