Solidité, durabilité; on a longtemps jugé, bien souvent avec raison, que les téléphones intelligents étaient des appareils fragiles qui se cassaient au moindre choc. Et s’il n’est toujours pas recommandé d’utiliser son appareil comme balle de baseball, le Pixel 11, de Google, semble être tout désigné pour durer longtemps… ce qui inclut les inévitables coups, chutes et autres incidents.
En apparence, le Pixel 11 semble pratiquement identique à son prédécesseur, le Pixel 10. En fait, les designs sont si similaires qu’il est tout à fait possible de récupérer un étui acheté pour la 10e génération du téléphone intelligent de Google et de l’utiliser sur le nouvel appareil. À condition que la taille de l’écran soit la même, bien sûr.
Nous retrouvons aussi le fini en métal qui confère non seulement un certain poids à la chose, comme une impression de « présence », si l’on peut dire, mais aussi – et surtout – une adhérence que n’offre pas, par exemple, le plastique de la version « ordinaire » du téléphone.
Ce qui change, toutefois, se trouve d’abord devant nous, avec un écran plus lumineux capable d’atteindre un maximum de 3600 nits, mais aussi (et surtout) à l’intérieur, avec l’utilisation de la puce de nouvelle génération Tensor G6, qui apporte un gain de vitesse que l’on constate sans trop de problèmes, même si l’on utilisait précédemment, comme ce journaliste, la version du téléphone qui précédait directement celle-ci.
Qui dit puce plus puissante dit évidemment capacité à traiter plus d’informations plus rapidement, et Google n’a évidemment pas raté l’occasion de favoriser un peu plus l’intégration des fonctionnalités IA dans les différentes applications embarquées, en plus de l’assistant personnel.
On appréciera certainement le fait qu’on cherche à nous faciliter la vie, ici et là, mais difficile de penser qu’il faut impérativement se procurer un nouveau téléphone pour profiter de ce qui est essentiellement un ajout logiciel. Ajout qui pourrait très bien être offert sous la forme d’une mise à jour destinée aux Pixels plus anciens, d’ici quelques mois.
Parmi ces fonctionnalités, notons l’idée d’enregistrer une vidéo, puis de laisser l’intelligence artificielle en « extraire » des photos. À la base, cela pourrait être intéressant, mais puisqu’il est impossible de pouvoir soi-même choisir les photos provenant de la séquence vidéo, difficile d’y voir un avantage marquant.

Recharge plus rapide, mais…
De téléphone en téléphone, Google semble souffrir du même problème: la durée de vie de la pile est franchement insuffisante, en 2026. On nous évoque ainsi, de façon très vague, « plus de 30h d’autonomie ». Mais qu’il soit question de 30 heures et une minute, ou de 36h, par exemple, cela demeure trop peu.
Oui, Google veut respecter un certain format, pour ses téléphones, mais devoir brancher son appareil presque tous les jours frôle l’absurde. Même si, supposément, on peut recharger jusqu’à 75% de la batterie en 30 minutes à peine – pour ce journaliste, avec une connexion USB-C « rapide », il est plutôt question de deux heures, environ, pour obtenir l’équivalent de 75% de charge.
Du côté de l’appareil photo, le Pixel 11 Pro continue d’offrir une série d’options franchement intéressantes. Mais en observant les caractéristiques techniques de cette nouvelle mouture, et celle du Pixel 10 Pro, par exemple, on constate que la seule différence majeure est la possibilité d’utiliser un zoom numérique allant jusqu’à 120x, plutôt que 100x, sur l’appareil de la génération précédente.
Oui, cette critique de ce téléphone peut sembler sévère. Elle l’est sans doute. Dans une industrie où les compagnies ressentent clairement de la pression pour lancer constamment de nouveaux produits, et où les avancées technologiques majeures se sont largement raréfiées, avec le temps, les téléphones sont largement devenus des supports physiques pour applications, avec un appareil photo en prime.
Sommes-nous surpris, alors, que Google pousse très fort pour intégrer Gemini au sein de son écosystème comprenant le téléphone, mais aussi les écouteurs, la montre connectée, et maintenant les Pixel Tags, qui visent à concurrencer Apple dans le marché de niche des puces permettant d’éviter de perdre des objets?
Le Pixel 11 est un bon téléphone. Un très bon appareil, même. Mais si vous avez déjà un téléphone intelligent récent, il n’est pas nécessaire d’en acheter un autre. Si, toutefois, votre appareil actuel arrive en fin de vie, alors Google offre réellement une option intéressante pour occuper un espace central dans votre vie numérique, au cours des prochaines années. Pour 1500$, c’est un pensez-y bien!



