D’un côté, il y a la famille aisée, avec le père avocat renommé, la mère ancienne actrice, la fille aspirant aussi à la célébrité; de l’autre, il y a la famille s’occupant d’entretenir les lieux. Et entre les deux, une colère qui gronde. Voici Classe moyenne.
Sorti en France l’an dernier, et récemment ici, de notre côté de l’Atlantique, cette comédie grinçante réalisée par Antony Cordier, met en vedette Laurent Lafitte, Élodie Bouchez et Ramzy Bedia, entre autres comédiens.
On y suit Mehdi, lui aussi avocat, mais qui débute tout juste dans le métier. Le voilà qui débarque pour une dizaine de jours dans la magnifique résidence secondaire de ceux qui pourraient devenir ses beaux-parents.
Rapidement, il comprendra que les parents de sa copine ont non seulement beaucoup d’argent, mais agissent en tant que personnes ayant beaucoup d’argent. Non seulement sont-ils particulièrement snobs envers lui, allant jusqu’à le prendre de haut parce qu’il ose souhaiter bon appétit (en tant que Québécois, ce supposé écart fait surtout rire), ou parce qu’il offre un cadeau « ordinaire » à ses hôtes.
Mais le jeune homme a à peine le temps de s’installer que voilà que débarque Tony, le gardien, qui non seulement est considéré comme un moins que rien par son patron, Philippe (le « beau-père » de Mehdi), mais qui a été poussé dans ses derniers retranchements en ayant été forcé d’effectuer un travail dégradant alors qu’il était en train de célébrer l’anniversaire de sa fille.
Pire encore, alors qu’il s’est probablement ruiné en achetant un téléphone réusiné à sa fille, son patron, lui, décide d’offrir le tout dernier iPhone pour se faire pardonner.
Commence alors une guerre des nerfs qui se transformera pratiquement en guerre tout court, avec possiblement des blessés, et même des morts.

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Mais ce qui pourrait être une « simple » lutte des classes, entre des riches absolument imbus d’eux-mêmes et des travailleurs floués désireux de se faire justice, se transforme peu à peu en une foire d’empoigne où les considérations sociales laissent la place à quelque chose de plus direct: un concours du plus fort, tout simplement.
Bien entendu, il y a une couche sociale en filigrane, surtout que les patrons tenteront de calmer les velléités de leurs employés en leur offrant de l’argent, plutôt que de reconnaître leurs torts.
Toutefois, jamais le film ne tombera-t-il dans la revendication sociale pure et simple; nous allons plutôt plonger dans l’absurdité et la violence, la situation dérapant beaucoup trop rapidement pour que nos protagonistes puissent réagir convenablement.
Cependant, force est d’admettre que Classe moyenne semble un peu limité dans son ambition. On attend constamment un plongeon complet dans la folie, ou dans la comédie pure, plongeon qui ne vient pas. Il en reste que le long-métrage est agréable, et réserve quelques belles surprises. À découvrir.





