Guerres, blocus, sanctions économiques, tensions… la géopolitique influence de plus en plus les régions du monde où les investisseurs choisissent de délier les cordons de la bourse, selon une nouvelle étude rassemblant notamment des spécialistes du King’s College, de Londres.
Ainsi, les entreprises seraient davantage portées à favoriser les pays situés du « bon côté » politique, lorsqu’il est question d’investir à l’étranger.
Les travaux en question découlent de l’analyse de 20 ans d’investissements à l’échelle mondiale, y compris de nouveaux projets, des fusions, des acquisitions, ainsi que l’activité de filiales d’entreprises multinationales.
Pierre-Louis Vézina, du King’s College de Londres, et Arti Grover, du World Bank Group, ont examiné comment les tendances en matière d’investissements ont changé, en fonction de la détérioration des relations entre divers pays.
Résultat? L’«alignement politique» des pays jouerait maintenant un plus grand rôle, lorsque vient le temps d’investir, qu’il y a 10 ans.
Ainsi, les pays plus éloignés les uns des autres – une caractéristique mesurée selon les tendances de vote aux Nations unies, l’opinion publique, la gouvernance démocratique et l’appartenance aux blocs géopolitiques – tendent à moins investir mutuellement l’un chez l’autre.
Cet effet se serait d’ailleurs fortement renforcé depuis la fin des années 2010, particulièrement après la pandémie, écrit-on par voie de communiqué. Selon les chercheurs, cette tendance s’inscrit dans la foulée d’une procédure appelée « friendshoring », où l’on va chercher à assurer la solidité des chaînes d’approvisionnement en les déplaçant, au besoin, chez des nations amies ou alliées.
Cependant, cette façon de faire ne serait pas universelle. En fait, le friendshoring serait principalement le fait de compagnies installées dans des économies occidentales développées, ce qui comprend, entre autres, les États-Unis, le Canada et une b0nne partie de l’Europe.
À l’opposé, en Asie de l’Est, notamment en Chine, au Japon, à Singapour et en Corée du Sud, on semble bien moins se soucier des allégeances politiques du pays dans lequel on souhaite faire des affaires. C’est spécialement le cas pour les entreprises chinoises, qui auraient tendance à investir de plus en plus dans des pays à la vision politique éloignée de celle de Pékin.
« Nos résultats démontrent l’impact négatif que de telles divergences géopolitiques pourraient avoir sur les pays en développement qui cherchent à attirer des investissements de la part d’États occidentaux développés, qui se sont avérés cruciaux pour la création d’emplois, le transfert de technologies, et le développement des entreprises », affirment les chercheurs.





