Une nouvelle étude mondiale sur l’industrie du chocolat révèle que si certaines compagnies ont amélioré leurs pratiques et ont développé des méthodes plus durables, il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour que tous les chocolatiers fassent preuve de transparence dans leur chaîne d’approvisionnement du cacao, ce qui aiderait les communautés qui en cultivent les fèves.
Le document en question, septième édition de cette démarche effectuée par l’organisation Be Slavery Free, indique que les progrès des chocolatiers sont largement inégaux dans huit domaines: la traçabilité, le salaire offert aux cultivateurs, le travail des enfants et le travail forcé, la déforestation, l’agroforesterie, l’utilisation des pesticides, l’égalité des sexes, ainsi que la santé des travailleurs.
Au dire des auteurs du rapport, c’est du côté de leurs propres marques maison que les chocolatiers sont bien souvent le plus fautifs.
Selon Stephanie Perkiss, professeure associée à l’Université de Wollongong, « les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir effectuer des choix éthiques, mais ils dépendent des détaillants pour y parvenir, notamment avec des efforts en matière de transparence et d’approvisionnement responsable et durable. L’évaluation de cette année indique qu’il y a des progrès, mais que ceux-ci ne sont pas constants, et que bien souvent, l’imputabilité est fragmentée ».
Cette évaluation, effectuée sur une base annuelle, évalue les principaux chocolatiers sur le plan de la production durable, et détermine si les chaînes d’approvisionnement permette d’afficher une transparence et d’offrir une imputabilité. Pour l’édition 2026, quelque 49 entreprises ont été examinées, précise-t-on par voie de communiqué.
Parmi les compagnies ayant fait l’objet d’une évaluation, on retrouve, près de la tête du classement des grands joueurs, des noms connus tels que Ritter Sport et Mars Wrigley, qui récoltent des scores de 71% et 64%, respectivement. Le second est d’ailleurs étrillé en raison du salaire des producteurs auprès de qui il s’approvisionne – un montant jugé largement insuffisant par les experts de Be Slavery Free.
Nestlé, un incontournable du milieu, obtient un score de 58%.
En milieu de classement, on trouve Lindt et Hershey (49%), alors que Barry suit de près (46%).
Un autre grand nom de l’industrie, General Mills, fait quant à lui piètre figure, avec un score de 25%.
Plusieurs entreprises ont aussi carrément refusé de répondre au questionnaire qui leur a été transmis; c’est notamment le cas de Starbucks, de Mondelez et de Kruger, trois géants de l’alimentation mondiale.
De façon quelque peu ironique, la marque Oxfam Fair Trade se classe en dernière place du palmarès des petits producteurs. De l’avis des auteurs du rapport, « beaucoup de travail est encore nécessaire, notamment en matière de politiques et de leur mise en place ».

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Les résultats se font attendre
Selon les experts, le classement 2026 signale la présence d’une tendance selon laquelle le renforcement de la surveillance des pratiques ne s’est pas encore traduite par une amélioration des conditions de vie des producteurs.
En effet, la question du salaire est le talon d’Achille de la grande majorité des compagnies évaluées, cette année. Seules les petites entreprises tirent largement leur épingle du jeu, y compris dans cette catégorie.
De fait, pour les auteurs du rapport, le « meilleur » chocolatier serait Original Beans, qui obtient un score de 90%.





