Près de trois Québécois sur quatre auraient de la difficulté à boucler leur budget en raison de l’incertitude économique actuelle; voilà du moins ce qu’avancent les experts de chez MNP, une firme spécialisée en insolvabilité, dans une note d’information publiée au cours des derniers jours.
Selon le document en question, 70% des participants à une vaste enquête soutiennent que « la hausse des prix pour des produits essentiels, comme l’épicerie et l’essence met leurs finances à rude épreuve », et environ la même proportion (75%) affirment réduire leurs dépenses.
Poser ce geste n’aurait, dans bien des cas, aucun impact concret; c’est du moins ce que disent ressentir 59% des personnes interrogées. Et toute cette situation pousserait environ deux Québécois sur trois (65%) à repousser « d’importantes décisions financières en raison de l’imprévisibilité », indique-t-on encore dans la note d’information.
« Pour plusieurs Québécois, ce n’est plus seulement une question de subir des pressions financières : le contexte fluctuant nuit à l’établissement d’un budget, aux efforts pour améliorer sa situation financière et à la planification de son avenir. Les gens n’ont aucun contrôle sur la hausse des coûts et sur l’incertitude mondiale, ce qui leur donne l’impression de subir un choc financier », soutient de son côté Fédéric Lachance, syndic autorisé en insolvabilité de MNP.
« Devant des conditions imprévisibles, il peut être difficile de gérer des dépenses inattendues ou de prendre des décisions financières en toute confiance, comme celle de contracter un emprunt, d’effectuer un achat important ou de planifier à long terme », poursuit-il.

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Des dettes qui font mal
Ainsi, au dire des spécialistes de la firme, si la situation financière des Québécois semble s’améliorer légèrement – avec un « surplus » de 841$, en moyenne, à la fin de ce trimestre, comparativement à une moyenne de 744$, au trimestre précédent –, 44% des personnes interrogées affirment être à « 200$ ou moins de l’insolvabilité ».
Et les choses vont encore moins bien pour le tiers des répondants: ceux-ci reconnaissent ne pas gagner suffisamment d’argent pour payer leurs factures et rembourser leurs dettes.
Toujours au dire de MNP, « un seul répondant sur cinq (20%) estime pouvoir payer 130$ de plus par mois en intérêts sur ses dettes, tandis que le tiers (32%) est d’avis contraire ».
À la fin février, l’IRIS, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, faisait paraître une étude indiquant que l’endettement des Québécois pesait lourd sur la croissance économique. Selon le document, si le poids de cette dette augmentait d’à peine 10% chez les ménages les moins bien nantis, cela viendrait retrancher pas moins de 1,6 milliard de dollars.





