Des plateformes qui sont d’excellents exemples des dérives du commerce électronique, avec des produits de piètre qualité, distribués dans des conditions exécrables, mais des plateformes qui continuent malgré tout de gagner en popularité, ici: selon une récente note d’information du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), les deux compagnies chinoises Temu (l’équivalent d’Amazon) et Shein (fast fashion) « gagnent du terrain ».
Selon les données datant du mois dernier, en effet, environ le tiers des personnes interrogées (30%) disaient avoir acheté sur Temu au cours des six derniers mois, comparativement à environ un participant sur cinq (19%) qui se serait tourné vers Shein.
En fait, explique le CQCD par voie de communiqué, depuis le début de 2025, la proportion de Québécois ayant effectué au moins un achat, en six mois, sur Temu serait ainsi passée de 21 à 30%, alors que du côté de chez Shein, on a enregistré une progression de trois points de pourcentage durant la même période.
« Ces plateformes étrangères à bas prix ne relèvent plus d’un phénomène ponctuel, mais s’installent progressivement dans les comportements de consommation », précise le Conseil.
Sans surprise, cette transformation, particulièrement marquée lors de grands événements commerciaux, notamment le temps des fêtes et le Vendredi fou, inquiète le secteur de la vente au détail.
« Cette situation est préoccupante, puisqu’elle traduit l’installation durable d’un concurrent étranger dans les habitudes d’achat d’une part croissante de la population », lit-on encore dans la note d’information.

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Bas prix contre préoccupations éthiques et environnementales
Des prix cassés sont-ils suffisant pour nous faire oublier les considérations éthiques, environnementales et économiques de plateformes destinées à inonder le marché de produits de piètre qualité?
La question se pose, convient le CQCD, qui précise cependant qu’en vertu de son sondage dont les données ont été recueillies depuis le début de l’année 2025, ces inquiétudes des consommateurs « ne s’accentuent pas: elles demeurent élevées, mais relativement stables ».
Pourtant, autant Temu que Shein ne sont pas étrangers à de virulentes critiques, que ce soit au Canada ou ailleurs dans le monde. Il est notamment question d’articles non livrés et de normes occidentales pas nécessairement respectées, écrivait déjà Radio-Canada, en 2024, à propos de Temu. Le diffuseur public a également évoqué plusieurs recours collectifs, notamment en lien avec des allégations d’espionnage contre des clients ayant téléchargé l’application mobile de la plateforme.
Et pour Shein, les exemples ne manquent pas: de nombreuses enquêtes ont démontré que non seulement les vêtements vendus par cette entreprise sont bien souvent de mauvaise qualité, mais elles sont aussi habituellement produits dans des conditions exécrables. Pire, certains vêtements contiendraient des quantités excessives de matériaux dangereux, voire toxiques.
À tout cela, il faut ajouter les grandes quantités de déchets découlant de la fabrication de ces vêtements, voire par les vêtements eux-mêmes, une fois qu’ils sont parvenus à la fin de leur courte vie utile.
Les Québécois, à l’instar d’autres clientèles à travers le monde, semblent à tout le moins tenter de trouver un équilibre entre l’accès à des produits à bas prix et la nécessité de tenir compte des considérations économiques, éthiques, environnementales et en matière de santé.
« Après plus d’un an de suivi, la tendance est maintenant claire: ces plateformes étrangères à bas prix prennent une place durable dans les habitudes d’achat de la population québécoise. Pour les entreprises de détail d’ici, il ne s’agit plus d’un phénomène marginal, mais bien d’une pression concurrentielle qui s’installe et qui soulève des enjeux importants d’équité de marché », conclut ainsi Damien Silès, PDG du CQCD.
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