Il fallait forcément une suite. Enfin, fallait-il une suite? Le premier volet de cette résurrection de la kitchissime série de films Mortal Kombat, sorti en 2021, était absolument oubliable, notamment parce que le fameux tournoi visant à sceller le destin de la Terre – vous savez, la partie « combat mortel » dans Mortal Kombat – en était désespérément absent. Avec cette suite, sortie au début du mois, il est au moins possible de classer ce film dans la catégorie « si ridicule que cela en devient drôle ».
Les humains doivent dépêcher leurs champions pour combattre les forces du Mal, donc. Et puisqu’il semble manquer un combattant, voilà que l’on dépêche un certain Johnny Cage, acteur de films d’action has been de son état. Et qui de mieux, pour interpréter ledit personnage usé et désabusé, que Karl Urban? D’autant plus qu’en parallèle de la sortie de ce film, M. Urban mettait la touche finale à son personnage de Butcher, dans The Boys, un individu particulièrement usé, cynique et désabusé.

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Ironiquement, d’ailleurs, c’est Karl Urban qui « sauve » le film. Parce que bien franchement, les autres acteurs sont soit incapables de jouer avec autant de profondeur que leur collègue, soit trop limités par un scénario qui multiplie les répliques absurdes et forcées, soit les deux. Même l’excellent Hiroyuki Sanada (Shogun, etc.) est gaspillé en un Scorpion revenu d’entre les morts.
Pour son deuxième long-métrage, après avoir réalisé Mortal Kombat, cuvée 2021, Simon McQuoid ne semble pas savoir quoi faire de ses personnages. D’autant plus que l’on alterne, bien souvent à l’intérieur de quelques minutes, entre séquences de batailles ennuyantes et ajout de gore joyeusement rigolo, généralement lorsqu’un personnage se fait tuer. De là à se dire que l’ensemble aurait pu être une minisérie, et non pas une production à 80 millions de dollars, il n’y a qu’un pas.
On s’ennuie, bref. Et l’on se dit que si le film avait coûté moins cher, on aurait pu le ranger dans la catégorie des « séries B » des années 1980 et 1990. Le genre d’oeuvre tournées par le personnage de Johnny Cage, justement. Mais ici, le résultat est trop léché, trop « bon », si l’on peut dire.
Mortal Kombat II aurait pu s’appuyer davantage sur la nostalgie; après tout, qui sont les jeunes qui jouent à Mortal Kombat, de nos jours? Mais en voulant proposer quelque chose de relativement contemporain, tout en multipliant les clins d’oeil, le film devient trop ordinaire pour son propre bien. Espérons que la série s’arrête là.





