Mortal Kombat, l’ennui mortel

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Il n’existe qu’une poignée de véritables certitudes, dans l’existence: d’abord, tous doivent payer des impôts. Ensuite, la mort finira bien par vous trouver, un jour. Et, enfin, il n’existe aucune bonne adaptation cinématographique d’un jeu vidéo. Mortal Kombat, cuvée 2021, vient confirmer cette grande vérité universelle, en plus de rappeler que finalement, le film kitsch de 1995 était passablement plus rigolo que sa déclinaison contemporaine.

Les choses avaient pourtant si bien commencé. Dans une séquence de près de 10 minutes mise en ligne tout juste avant la sortie du film réalisé par Simon McQuoid, dont c’est ici le tout premier long-métrage, les personnages de Sub-Zero et de celui qui allait devenir Scorpion s’affrontent dans le Japon des samouraïs. Il y est question d’une mystérieuse guerre entre clans, de survie familiale, d’amour, de douleur, de mort. Le tout est très bien filmé, avec des combats violents à souhait et le début de quelque chose d’intrigant.

Et… on tombe ensuite dans un film qui se prend beaucoup trop au sérieux, tout en mettant de l’avant des personnages insipides et ennuyeux. Plutôt que de nous présenter le fameux tournoi d’arts martiaux, le Mortal Kombat, on jette les bases de ce qui pourrait être une série en présentant Cole Young, un ancien lutteur sans histoire qui est jugé comme étant l’un des « champions » de la Terre en vue du grand combat avec une autre dimension qui pourrait envahir la nôtre et nous réduire en esclavage.

Un classique kitsch et sa « descendance »

En 1995, Paul W. S. Anderson avait réalisé une oeuvre cheap, kitsch et parfois de mauvais goût, comme avec ce personnage de Raiden, une divinité asiatique, pourtant interprétée par nul autre que le très français Christophe Lambert. Le scénario était alambiqué, les effets spéciaux laissaient souvent à désirer – bonjour les animations 3D en 1995… –, et lorsqu’apparaissait le générique de fin, on se demandait bien pourquoi l’affaire avait fait si grand bruit, à l’époque.

Tout cela juste avant de se rappeler qu’en 1995, le premier jeu de la série était frais dans les mémoires, la folie Mortal Kombat battait son plein, et que ce sont sans doute des millions d’enfants surexcités par l’idée d’un film débordant de violence portant sur un jeu dégoulinant lui aussi d’hémoglobine qui ont aidé le studio à faire sonner le tiroir-caisse.

Pour la version 2021, on aurait pu aller de l’avant avec le récit de cet affrontement entre Sub-Zero et Scorpion, et intégrer éventuellement d’autres personnages, au fil des décennies. Ou encore faire en sorte que le film se déroule justement à l’époque des samouraïs, en passant sous silence des combattants plus contemporains, comme Jaxx et ses bras bioniques.

Hélas, c’est peut-être une question d’argent, mais l’acteur qui interprète Scorpion, l’excellent Hiroyuki Sanada, qui a notamment joué dans Westworld, disparaît pendant presque tout le film pour ne revenir qu’au cours des dernières minutes. Le reste du temps, c’est l’endormant Lewis Tan, qui interprète Cole Young, qui tient la vedette, en compagnie d’autres personnages endormants, y compris le grand méchant, Shang Tsung, joué par l’acteur qui interprétait le banquier dans The Dark Knight. Difficile d’avoir l’air menaçant…

Il y a bien Kano, joué par un Josh Lawson qui semble clairement s’amuser à gueuler, à sacrer et à lancer des insultes à tout un chacun, mais autrement, la cuvée 2021 de Mortal Kombat n’a même pas la pertinence de présenter un tournoi d’arts martiaux pour se racheter. Et ce n’est pas la version massacrée du thème du film de 1995 qui sauvera la mise.

Le premier Mortal Kombat avait énormément de faiblesses, mais le fait est qu’il est au moins envisageable de l’écouter entre amis, avec plusieurs bières à sa disposition. Pour la plus récente déclinaison de l’oeuvre, on se munira plutôt d’un café fort, pour ne pas s’endormir.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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