En proposant Modulus, un jeu d’automatisation et de résolution de casse-têtes, les gens de chez Happy Volcano ont tenté de concilier l’aspect plus cérébral de ce genre de jeu, que l’on retrouve notamment avec des titres comme Shapez 2, et celui, plus concret de classiques comme Factorio. Est-ce que le résultat est à la hauteur des attentes? Oui, mais avec un bémol.
L’idée est simple: vous devez produire des blocs dont la forme et la couleur seront appelées à largement varier, en fonction des exigences du jeu. Mais pour produire lesdits blocs, avant même de penser à les traficoter, il faudra extraire des ressources.
Cela tombe bien, le titre est particulièrement permissif, en matière d’exploration: les gisements sont illimités et les bâtiments sont gratuits. Encore mieux, il est tout à fait possible – et même fortement recommandé – de copier et coller les sections de chaînes de production qui nous sont nécessaires, plutôt que de passer notre temps à construire, laborieusement, des installations dont les premiers jalons seront identiques.
Tout cela est fort bien. Ce qui est intéressant, aussi, et ce qui représente en bonne partie le nerf de la guerre, ici, c’est que le jeu propose d’aller voir à l’intérieur de certains bâtiments, pour en contrôler le fonctionnement. Il est question, entre autres, de découpeuses, d’assembleuses, etc.
Ainsi, s’il nous est imposé de produire, par exemple, un très long module large d’une unité et long de six, de couleur noire, et que nos mines et nos fourneaux produisent des cubes blancs de quatre unités par quatre, alors il faudra se livrer à un peu de gymnastique mentale pour atteindre notre objectif.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!

C’est probablement là où la grande générosité du jeu, si l’on peut dire, est particulièrement appréciée. Essais et erreurs sont les bienvenus, alors que le côté très abstrait – il est question de cubes formés de plus petits cubes, après tout – devient paradoxalement très concret. Nous ne sommes plus devant une usine où des composantes entrent d’un côté et l’on obtient magiquement un bras télécommandé de l’autre côté, par exemple.
En fait, c’est un peu comme si nous devions manuellement assembler les pièces, à l’intérieur de l’usine, pour indiquer comment fabriquer ledit bras.
Une fois que nous avons dit tout cela, il n’en reste pas moins que cette abstraction, surtout combinée à une exécution grevée par une lenteur parfois désespérante, vient enlever le peu d’excitation que l’on pourrait avoir à fabriquer cette nouvelle composante qui pourrait enfin nous permettre de passer à l’étape suivante.
Car il faut le dire: Modulus est un jeu lent. Très lent. Et il est difficile d’expliquer comment cette lenteur, qui est relativement normale, au début d’une partie d’un jeu d’automatisation, vient ici rapidement nous tomber sur les nerfs.

Peut-être est-ce parce que tout est lent, des machines aux grues qui déposent nos produits finis dans l’usine servant à fabriquer des composantes, en passant par les drones qui, pour une raison que l’on ignore, doivent impérativement aller chercher ledites composantes pour les amener dans leur propre site de stockage?
Après tout, dans Factorio, il y avait toujours la possibilité de donner l’impression d’une activité économique constante; dans Modulus, on semble davantage parler de « concept » d’une activité économique.
Comme si, en refermant le panneau de contrôle de l’ultime assembleuse permettant d’obtenir le module complexe réclamé par le jeu, on en venait à perdre intérêt pour la véritable production d’une composante, comparativement à la possibilité de produire ladite composante.
Bref, Modulus a un côté stérile. Trop parfait. Trop propre. Trop intellectuel pour son propre bien. Le titre demeure intéressant, mais on dirait presque que ce jeu représente une fonction « bac à sable » d’un autre produit similaire, où l’on gère toutefois de « vraies » ressources, histoire de fabriquer de « vrais » objets.
Modulus
Développeur: Happy Volcano
Éditeur: Kwalee
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu disponible en français (interface et sous-titres)





