Cliquer, puis automatiser les clics. Automatiser tout cela de façon encore plus importante. Encore une fois. Et encore une fois. Les jeux incrémentaux se suivent et se ressemblent, mais Starvester, développé par Syphono4 et publié par Future Friends Games, semblait proposer une prémisse particulièrement intéressante.
« Une usine à l’échelle d’un système solaire »: pour les amateurs d’automatisation, notamment Factorio, ou encore Dyson Sphere Program, l’idée est d’emblée aiguichante. Et nous voilà donc embarqués dans une aventure d’industrialisation d’un système solaire, puis d’un second. Le tout sur une musique éthérée, quelque chose de particulièrement atmosphérique qui donne un peu l’impression que nous évoluons véritablement entre les étoiles.
Et forcément, Starvester suit les principes des jeux incrémentaux: il faut non seulement atteindre des objectifs, durant notre partie, pour accéder à l’étape suivante, mais aussi accumuler des points de prestige pour jouir d’améliorations permanentes. En tenant bien sûr compte du fait que les améliorations en question ne s’obtiennent qu’en relançant notre partie.
Fort heureusement, nous en venons rapidement à pouvoir débuter une nouvelle partie en disposant déjà de plusieurs avantages, et en ayant franchi de nombreuses étapes, notamment en progressant peu à peu dans ce système solaire que nous souhaitons mettre au pas.
Le problème, avec Starvester, est double: tout d’abord, comme tous les autres jeux incrémentaux, la vitesse de progression en vient à diminuer considérablement, puisque les améliorations, drones, installations orbitales et autres composantes de notre empire stellaire coûtent toujours plus cher.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!

Ensuite, les objectifs à accomplir sont parfois franchement flous: on ne fait ainsi pas la distinction entre un nombre total d’unités d’une ressource à accumuler et une production constante de cette même ressource. Par exemple, la poussière intersidérale se compte en nombre total d’unités; l’énergie, elle, est en unités par seconde.
La chose est pire lorsqu’il est question de ressources acquises indirectement, notamment le titane, par exemple.
Et cette complexité prend des allures de casse-tête insoluble lorsque l’on constate que le jeu souffre de plusieurs bogues majeurs. Tout d’abord, s’il est possible de cliquer pour extraire manuellement des ressources, dans chaque emplacement du jeu, la « zone activable » ne se trouve pas sur l’objet ciblé comme tel, mais un peu à droite de celui-ci.
Est-ce un problème de dimension d’écran de jeu? Impossible de le savoir, et ce bogue n’avait toujours pas été résolu au moment d’écrire ces lignes, même après plusieurs correctifs.
Ensuite, le jeu a la fâcheuse tendance à ne pas nous afficher le bon objectif en fonction de l’étape où nous sommes rendus: on nous demande de récolter du titane, par exemple, alors que nous avons atteint l’étape de l’antimatière, et vice-versa.
Impossible, alors, même en relançant une sauvegarde, de corriger ce bogue. Et lancer une nouvelle partie ne corrige pas toujours le problème, non plus.
Enfin, huit étapes à franchir, dans ce type de jeu, signifient déjà plusieurs heures de jeu. Mais au moins 16? C’est franchement trop. Peut-être voudrions-nous nous rendre à la fin, si le jeu ne souffrait pas d’un bogue brisant carrément la progression.
Starvester s’appuie sur des principes et des mécaniques intéressants. Malheureusement, commet l’exécution laisse franchement à désirer, on attendra, au moins, d’éventuels changements, en version 1.0, avant de s’aventurer dans l’espace.
Starvester
Développeur: Syphono4
Éditeur: Future Friends Games
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu disponible en français (interface et sous-titres)





