Connu pour avoir signé les trois premiers volets de la franchise Pirates of the Caribbean, le réalisateur Gore Verbinski offre un solide divertissement de science-fiction et une réflexion profonde sur notre rapport à la technologie avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die, son plus récent film maintenant disponible en 4K, Blu-ray et DVD.
C’est une soirée comme les autres au restaurant Norms de Los Angeles lorsque, à 22h10, un homme ayant toutes les apparences d’un itinérant fait irruption dans l’établissement en criant. Il prétend venir d’un futur apocalyptique où une intelligence artificielle domine l’humanité, mais le nez collé dans leurs téléphones cellulaires, personne ne lui prête attention. Il force alors les clients à l’écouter en menaçant d’activer la ceinture d’explosifs qu’il porte, et mentionne qu’il est à la recherche de volontaires pour contrer le futur.
L’improbable voyageur temporel doit trouver la bonne combinaison parmi les personnes présentes dans le restaurant pour mener à bien sa mission, mais il ne la connaît pas. C’est d’ailleurs sa 117ème tentative et, jusqu’à maintenant, elles ont toutes lamentablement échouées. Évidemment, les gens ne croient pas qu’il vienne du futur, mais comme il connaît les noms de chacun des 47 individus présents sur place et même certains détails de leurs vies privées, il finit par convaincre sept clients de l’aider à sauver la race humaine.

Good Luck, Have Fun, Don’t Die est une œuvre férocement originale, drôle, et très intelligente. À mi-chemin entre le film de voyage temporel, la satire sociale et le cauchemar technologique, ce long-métrage de science-fiction complètement déjanté évoque un épisode de Black Mirror, mais avec beaucoup plus d’humour. Au-delà du divertissement, le scénario de Matthew Robinson livre un commentaire grinçant sur notre monde actuel, avec sa critique des réseaux sociaux, de la dépendance aux téléphones intelligents, et de nos existences de plus en plus virtuelles.
Chaque volontaire prenant part à la mission représente une facette de notre rapport à la technologie. Mark et Janet sont des professeurs luttant contre l’apathie de jeunes qui menacent physiquement quiconque tente de leur enlever leurs téléphones intelligents. Le fils de Susan vient d’être tué dans une fusillade à son école secondaire, un événement survenant tellement régulièrement qu’une compagnie clone maintenant les jeunes victimes. Le conjoint d’Ingrid a décidé de quitter définitivement le monde réel pour vivre exclusivement dans la réalité virtuelle.

La réalisation de Verbinski dans Good Luck, Have Fun, Don’t Die est nerveuse et chaotique. La caméra semble constamment en déséquilibre, et les scènes d’action sont volontairement anarchiques, remplies de détails absurdes et de menaces grotesques: adolescents zombifiés par leurs téléphones, robots ménagers et jouets transformés en armes, ou chat-centaure plus gros qu’une maison. Cette esthétique de l’excès sert bien le propos du film, qui dénonce une société noyée dans le bruit numérique et incapable de distinguer le réel de la simulation.
Le long-métrage repose avant tout sur la performance exceptionnelle de Sam Rockwell, et l’acteur apporte une humanité inattendue à ce rôle de messie déglingué qui revit les mêmes événements pour la 117ème fois. Son jeu oscille entre panique nerveuse, ironie cynique et désespoir existentiel. Le reste de la distribution est tout aussi impeccable. Haley Lu Richardson apporte une étrangeté mélancolique au personnage d’Ingrid, une femme allergique au Wi-Fi, Juno Temple incarne avec sensibilité une mère détruite par le deuil, tandis que Michael Peña et Zazie Beetz livrent deux enseignants totalement perdus dans une société devenue artificielle.

En se procurant la version ultra-haute définition de Good Luck, Have Fun, Don’t Die, on obtient le film sur presque tous les supports existants (4K, Blu-ray et code pour copie numérique). L’édition est par contre assez chiche en termes de matériel supplémentaire, et ne contient qu’une seule revuette qui, bien qu’elle soit intitulée Making Of, ne dure que cinq petites minutes. Les acteurs principaux y discutent de l’intrigue du long-métrage, de leurs personnages respectifs, ainsi que de leur expérience de tournage avec le réalisateur Gore Verbinski.
Gore Verbinski livre un film de science-fiction excessif, personnel et parfois carrément fou, qui pourrait bien être sa réalisation la plus aboutie à ce jour. À une époque où beaucoup de productions cinématographiques finissent par se ressembler, Good Luck, Have Fun, Don’t Die possède quelque chose de rare et de rafraîchissant: une personnalité unique.
8.5/10
Good Luck, Have Fun, Don’t Die
Vous pouvez vous procurer le film en cliquant ici.
Réalisation: Gore Verbinski
Scénario: Matthew Robinson
Avec: Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry, Tom Taylor et Georgia Goodman
Durée: 134 minutes
Format : Combo-pack (4K, Blu-ray et code pour copie numérique)
Langue : Anglais seulement (avec sous-titres en anglais, français et espagnol)





